LE CHAT ET LES SOURIS
Un homme, pour s’amuser, avait attaché un chapelet au cou d'un chat. Les souris se félicitèrent entre elles et dirent : « Ce respectable chat jeûne et prie le Bouddha; décidément il ne nous mangera plus. »
En disant cela , elles se mirent à danser de joie dans le vestibule. Dès que le chat les eut vues, il en croqua plusieurs de suite.
Les autres souris "s’enfuirent et se dirent secrètement : « Nous pensions*, nous autres, qu’il priait le Bouddha et qu’il avait’ un cœur affectueux ; mais sa dévotion n’était qu’une pure eomédie,
— Vous ne savez donc pas, dit une autre ‘ souris, que, dans le monde, ceux qui font les dévots et ont l’air de prier le Bouddha^ ont le cœur dix fois plus cruel que les loups ? »
lE PHÊIN'X ET LA CH AD VE-SOURIS.
Un jour que le phénix célébrait sa naissance , les oiseaux vinrent lui faire la cour et le féliciter. La chauve-souris seule ne vint pas. Le phénix lui en fit des reproches et lui dit : « Vous faites partie de mes sujets, pourquoi vous montrez- vous si fière?
— J’ai quatre pieds, répondit la chauve-^ souris, et j’appartiens à la classe des quadrupèdes. A quoi bon vous féliciter »
Un autre jour, comme le Ki^liri célébrait aussi l’anniversaire de sa naissance, la chauve-souris s’absenta encore. Le Ki-lin la réprimanda à son tour. «« J’ai des ailes, dit la chauve-souris, et j’appartiens à la classe des oiseaux. Pourquoi vous aurais-je félicité ?»
Le Ki-lin raconta à l’assemblée des quadrupèdes la conduite de la chauve-souris.
Ils se dirent en gémissant : « Dans le monde, il y a aujourd’hui beaucoup de gens, au cœur sec et froid, qui ressemblent à cette
méchante bête; ils ne sont ni oiseaux ni ladrupèdes, et , en vérité, on ne sait qu’en f"i^e. »
POÉSIES CHINOISES
ROMANCE DE MOD-lAn,