‹ Contes et Apologues Indiens. Tome SecondChapitre 9 sur 47 · I.£ PA^PIER PARFUMÉ ET LA CORDE INFECTE · texte numérisé non relu

I.£ PA^PIER PARFUMÉ ET LA CORDE INFECTE

(De la force des habitudes.)

Un jour, le Bouddha^ voyant par terre un vieux papier, dit à un religieux de le ramasser; ce qu’il fit sur-le-champ.

« Quel est ce papier? lui demanda le Bouddha.

— C’est, dit le religieux, un papier qui a servi à envelopper du parfum. Quoiqu’on l’ait mis au rebut et jeté, il conserve.

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comme £iuparavant, l’odeur du parfum. » ",

Le Bouddha^ ayant marché plus loin,

aperçut par terre ùn bout de corde. H dit ,

an religieux de le ramasser, et celui-ci,

docile à ses ordres, le prit sur-le-champ,

D’où vient cette corde? demanda le ' Bouddha.

— Cette corde, dit le religieux, a une

odeur infecte ; elle a servi à attacher des poissons.

— Dans l’origine, dit le Bouddha., les hommes sont purs et sans tache, mais, par le contact et la fréquentation des autres, ils appellent sur eux le châtiment ou le

bonheur. Si quelqu’un s’approche des hommes sages et éclairés, il devient Intel- , k ligent et vertueux ; s’il se lie d’amitié avec Il ' / 3

des sots et des' méchants, les malheurs et les châtiments viennent fondre sur lui. Il en est d^ eux comme de ce papier qui est resté odorant pour avoir approché ' d’un parfum, et de cette corde qui est devenue infecte pour avoir lié du poisson gâté. Dans le commerce des hommes, nous contractons peu à peu des habitudes bonnes ou mauvaises, sans jamais nous en apercevoir.

(Extrait de l'ouvrage intitulé : Fa-jrifpi-jru-king.)

l’hOMMB stupide et UE PAVILLON A TROIS ÉTAGES.

(Rien ne se fait que par degrés.)

Il y avait jadis un homme riche qui était ,fort stupide et ne comprenait rien'. Étant allé dans la maison d’un 'autre homme, -

également riche, il v4 un pavillon à trois % »

étages, qui étaient hauts, élégants, et ornés

de balustrades à claire-voie. H éprouva un

sentiment d’admiration et d’envie, 'et se dit

COÎITÏS

en lui-même : «, Ma fortune n’est pas inférieure à la sienne; pourquoi ne ferais-je pas construire tout de suite un pavillon semblable? »

11 appela aussitôt un charpentier et lui dit : « Êtes-vous capable de me faire un bâtiment aussi beau que celui-là ?

— Sans doute, ^ dit l’ouvrier, puisque c’est moi-même qui l’ai construit.

— vEh bien! dit-il faites-moi , sans

tarder, un pavillon absolument pareil. »

Le charpentier mesura le terrain, amassa , des briques, et se mit à construire le pavillon. Mais l’homme stupide lui dit : « Je ne veux pas des deux étages inférieurs; faites-moi d’abord l’étage supérieur.

— Cela est impossible, répondit l’ou- vrier. Gomment pourrait-on faire les deux •

étages supéiieure sans construire celui qui est le plus bas? Si l’on ne fait pas d’abord les deux premiers étages, comment con-r

struire le troisième? »

Mais l’homme stupide, persistant dans son idée, lui dit : '« Je n’ai pas besoin des deux étages inférieurs, et je veux absolument que vous vous borniez à me construire le plus élevé des ti’ois.»

(Extrait de l’ourrage intitnlé : Pe-fu-fàng, ou Livre, '

dea cent comparaûona , partie I.)

l’hommb qui réduit un char

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