DE CEUX Q UI PRENNENT
l'Eschiquier d'Alençon l'appelloit son ovale). Le jardinier estant survenu pour entendre de sa maistresse en quelle orée du jardin il planteroit des
- choux, voyant et trouvant son cabinet ainsi advantageusement ouvert (pensez que c'estoit au temps chaud), y logea'petit à petit son ferrement. Elle, sentant l'outil frétiller environ son haut de
. chausses et ramonner sa cheminée, s'éveilla, disant : « Qui t'a fait si osé d'entrer en ma chambre, dy, poultron? » Le pauvre jardinier, qui estoit sur le point de laisser choir sa graine en ceste fertile terre, se vouloit oster; mais la dame répliqua : « Je ne te dy pas cela; respons seulement, mais pourquoy es tu entré en ma chambre? » Ce-pendant nature, qui n'est oisive, besongnoit et deschargeoit de toutes parts son artillerie en ce beau rampart : duquel assemblage ainsi furtivement charpenté naquit, peut estre, quelque potentat.
Maistre Guillaume Coudray dit à ce propos qu'estant à un Quaresme-prenant estudiant à Bourges, ou plustost allé pour y estudier, il se trouva en une compagnie de femmes qui avoient fait bonne chère, tellement que, la parole leur ayant failly (chose mirande!), elles estoyent à la plus-part endormies vis à vis d'un grand feu, et descouvertes, en faisant un bel escart, et qu'en
^ ce beau jeu il en embrocha une (les Holandois