‹ Contes et discours d'Eutrapel, de Noël Du Fail réimprimésChapitre 20 sur 29 · MARCHANT, ET DE L'AMOUREUX QUI TROMPA SON COMPAIGNON · texte numérisé non relu

MARCHANT, ET DE L'AMOUREUX QUI TROMPA SON COMPAIGNON

P. 159, 1. 2 et suiv. — Maistre, Sire, Monsieur, différences entre ces trois qualifications au XVI e siècle. Du Fail insiste partout sur la nécessité de maintenir les us et coutumes qui ont établi la distinction des rangs et des conditions. Il professe un assez profond dédain pour les roturiers et les petits marchands. Il tient à la conservation des trois états, tels qu'il les trouve établis dans la Genèse, et qu'ils existeront, croit-il, jusqu'à la fin du monde î Les descendants de Charn^, qui sont les roturiers, seront serviteurs perpétuels de Japhet et de Sem.

P. 162, 1. 14. — Ce marchant, avec ses finesses de la Guibray. La foire de Guibray (c'^st le nom d'un des faubourgs de Falaise, en Normandie) a lieu encore chaque année du 10 au 26 août. C'est, après celle de Beaucaire, la plus ancienne de France. Elle a été fondée au XI* siècle par le duc Robert.

P. i65, 1. 5. — Quand la bourse s'estrecist, la con* science s'eslargist. On ne peut exprimer d'une façon plus

NOTES. 3û7

heureusement concise un des résultats les plus tristes de cette mauvaise conseillère qu'on appelle la pauvreté.

P. i65, 1. i5. — Faict entendre que les nues sont peaux de veaux, veut lui faire croire les choses les plus absurdes.

P. 167, I. i3. — Eutrapel dit que lorsque Jan Ricaut, Jan Boucher, etc. Encore des détails à noter sur la vie universitaire, de Du Fail, ses maîtres et ses contemporains.

P. 170, 1. 1. — Je m'en vois le faire quinaut, je vais le supplanter. Quinaud signifie honteux, humilié, de quine, grimace. L'auteur d'A rmide, qui a illustré ce nom, a donné lieu aux mots enquinauder et qutnauderie, le premier, employé par La Fontaine, se plaignant d'avoir été traité par Lulli comme l'avait été Quinault. Le second, par Voltaire, appelant ainsi une fadeur dans le genre de Quinault.

P. 171, 1. 23. — Fait comme le clocher de la Trinité de Caen. Ce clocher, qui existait au XVI e siècle, d'après le témoignage de Du Fail, doit être rétabli d'après les plans de reconstruction récemment présentés par l'architecte diocésain, M. Ruprich-Robert.

Chap. XXXII. — Tel refuse qui après muse ; et des hommes

BIEN YIEILS.

P. 17 S, 1. 14. — Faisoit de bons petits passages à sa femme, faisait des infidélités.

P. 177, 1. 4. — Sans rien laisser à l'hostel, sans rien omettre.

Même p., 1. 10. — Destouppez toutes vos oreilles, écoutez de toutes vos oreilles.

Même p., 1. 23. — Le laid cremera, la chose réussira.

3o8 NOTES.

P. 178, 1. 23. — C'est la principale pièce de mon sac, c'est ma plus forte excuse.

P. 180, 1. 1. — Tendre au larron, s'exposer volontairement au voleur.

P. 181, 1. 5. — Ventre sainct gris! Juron d'Eutrapel, adopté plus tard par Henri IV, auquel le P. Cotton reprochait de jurer par le ventre Dieu. Saint Gris serait, dit-on, saint François, fondateur des Corçleliers, vêtus de gris.

P. 182, 1. 3. — Subjet aux gabelles et douanes des basses marches, se livrant à la débauche.

Même p., 1. 2 5. — Un poulin sellé, bridé, une maladie vénérienne à laquelle il ne manquait rien.

Même p., 1. 26. — Prins... des poix pour des febves, pris des petits pois croyant avoir des fèves, croyant avoir gagné au change et y ayant perdu. Le proverbe ordinaire est a donner pois pour fève », donner un petit objet pour en avoir un plus grand.

P. 184, 1. 1. — Perdre ceste lippée franche, perdre cette bonne occasion.

Même p., 1. 4. — La veze ne sonne plus, il est trop tard. La vèze est une espèce de cornemuse employée surtout en Poitou.

Même p., 1. 8. — Bons laboureurs et ménagers, accomplissant exactement les devoirs conjugaux.

Même p., 1. 12. — Leur tabulature bien accordante, leurs tempéraments étant d'accord. La tablature est un terme de musique. Ce mot est -aussi pris dans le sens de patron sur lequel on se règle.

P. 187, 1. 4. — Ressemblant de quatre vingts ans, paraissant âgé de quatre-vingts ans.

P. 189, 1. 18. — Paole Jove (Paolo Giovio), né à Côme (Lombardie) en 1483, mort à Florence en i552; historien peu scrupuleux, dont on fait aujourd'hui fort peu de cas. Le livre dont parle Du Fail a pour titre :

Historiarumsui temporis abanno i^jad annum 1 547

Il a été traduit par Denys Sauvage, sieur Du Parc. Lyon, i552, in-fol., et Paris, 1579, 2 vol. in-fol.

P. 191, 1. 4. — // n'est vieil qui ne le pense cstre, n'est pas vieux celui qui ne croit pas l'être.

Même p., 1. 20. — Les Septentrionaux.,, vivent deux cens ans et plus. Récits ou contes de voyageurs.

Même p., 1. 27. — Conservation de l'humide radical Fluide unique, qui, d'après l'ancienne médecine, était le principe de la vie des êtres organisés.

Les deux derniers alinéas de ce chapitre ont été allongés dans l'édition de 160 3. Les additions n'ont servi qu'à rendre le texte plus diffus et plus lourd. Aucun détail intéressant n'y a été introduit.

Chap. XXXIII. — De la Moquerie.

P. 195, 1. 5. —Haut à la main, prompt à la riposte.

Même p., 1. 10. — Encore qu'ils ne le quittassent pas aisément l'un à Vautre, que ni l'un ni l'autre ne cédât.

P. 196, 1. 8. — Eutrapcl, en son vilain, de vilaine humeur, en son mauvais moment.

P. 197, 1. 6. — Par certaines tranchées de Sainct Mathurin, par certaines folles pensées. Saint Mathurin était censé guérir de la folie, comme saint Methelin.

Même p., I. 20. — Poincts et eguillonnez par mots bien dits, par de belles paroles.

P. 198, 1. 2 5. — Qu'il en avoit d'une, qu'il avait été bien touché, que la riposte avait frappé juste, qu'il en tenait.

P. 200, 1. 3. — Les monstres de la ville, la revue des soldats de la ville.

Même p., 1. 11. — C'estoit une brave fanterie. Nous avons déjà entendu les plaintes de Du Fail au sujet de l'introduction de mots nouveaux espagnolisés ou italiar

3lO NOTES.

nisés, substitués à d'autres qui avaient été longtemps en usage. Ces plaintes se sont souvent renouvelées, depuis Horace, reconnaissant en ce point la toute-puissance de l'usage : Si volet usus. La Bruyère et Fénelon exprimèrent au XVII e siècle les mêmes regrets. Faut-il en accuser seulement la mode et le caprice? Ou L'adoption et le rejet de certains vocables obéissent-ils à des lois que la science pourrait constater et formuler ? Y a-t-il pour les mots, comme pour les êtres organisés, le combat pour la vie, the struggle for lifei Quelques savants le prétendent, mais, jusqu'à présent, ce problème philologique est encore environné de ténèbres, et nous attendrons longtemps sans doute le fiât lux. Voir au Glossaire les mots : morion, bourguignotte , plumail, pennache , coronal, queytaine, cap. d'escouade, lanspessade, réussir, estramaçon.

P. 202, 1. 6. — Tous les livres de la Table ronde et les douze Pairs. J'ai déjà signalé la prédilection de l'auteur pour notre ancienne littérature. Dans son excellente édition des œuvres complètes cfe Du Fail (formant deux volumes de la collection elzevirienne), M. J. Assézat en donne pour témoignage l'existence dans la bibliothèque de Rennes d'un fort beau manuscrit du XIII e siècle, ayant appartenu à l'auteur des Contes d'Eutrapcl. C'est un recueil des romans des chevaliers de la Table ronde, contenant : YEstoire del Saint Graal, la Vie de Merlin et Lancejot du Lac, qu'on ne connaissait au XVI e siècle que par des imitations ou des traductions qui ne donnaient qu'une idée incomplète de nos trouvères, surtout au point de vue de la langue. On publie aujourd'hui les textes originaux des poètes du XIII e et du XIV e siècle; on ne saurait trop encourager ces publications, qui rendent de grands services non -seulement aux philologues, mais encore aux littérateurs «et aux historiens.

P. 2o3, 1. i5. — Conférence des premiers vieux romans escrits à la main, où Von ne peut presque rien entendre. Cette observation justifie ce qui a été dit dans la note précédente.

Même p., 1. 23. — La fluste d'un roy Oberon. Le charmant poëme de Huon de Bordeaux, publié par M. Guessard (Paris, Vieweg, 1860), raconte les exploits féeriques de cet aimable enchanteur.

P. 204, 1. 21-22. — Saxo, historien danois, surnommé Grammaticus, à cause de sa profonde connaissance de la langue latine, mort au commencement du XIII e siècle, est auteur de VHistoria danica. C'est un des documents les plus curieux du moyen âge pour la connaissance des mœurs et des coutumes des anciens Scandinaves. Ce qui frappe le plus Du Fail dans cet auteur, ce sont les récits fabuleux que contiennent les premiers chapitres. — OlausMagnus, archevêque d'Upsal, auteur de VHistoria de gentibus septentrionalibus, Rome, 1 555. — Est-ce Jacques Spranger, dominicain , auteur .d'un Malleus maleficarum, maleficas et earum hxresim et phramea potentissima conferensï Ce livre, composé en 1487, n'a été imprimé qu'en i58o, (Guichard et Assézat). — • Pol Grillaud, auteur d'un Traité sur les hérétiques et les sorciers, Lyon, 1 536.

Même p., 1. 24. — La première édition du Traité de la Démonomanie des sorciers, de Bodin, est de 1 58o.

P. 20 5, 1. i3. — Qu'on prenne de chacun clocher, dont il y en a vingt-sept mille et quatre cens en France, dix soldats. On notera ce détail de statistique. Les 270,000 soldats que la France aurait pu réunir au XVI e siècle, d'après ce calcul, que sont-ils auprès des 1,200,000 qui constituent aujourd'hui le pied de guerre?

P. 206, 1. 24. — Là n'estoient les capitaines du Pot d'estain, de la Corne de cerf, de la Pie qui boit, etc* Qu'aurait pensé Eutrapel en voyant les généraux sortis

du peuple qui commandèrent les armées de la République et de l'Empire?

P. 210, 1. 2. — Dcmorates, sur ce qu'on lui fit entendre que Brontes... Ces deux noms sont dans toutes les éditions. Celle de M. Assézat rétablit, avec raison, ceux de Démarate et d'Orontes.

P. 212, 1. 27. — A Vappetit d'une beste coiffée, au désir d'une femme.

P. 216, I. 2. — Plutarque, aux livres du babil. Le traité qui fait partie des œuvres morales de Plutarque, est intitulé : De la démangeaison de parler, du trop» parler.

P. 217, 1. 4. — St! et bon bec! Silence! et bouche close !

P. 2*18, 1. 1 5. — Le get de la pierre de faix, à qui jettera le plus loin une pierre pesante.

P. 219, 1. 17. — Kegardans qui en avoitdu meilleur, regardant ceux qui l'emportaient sur les autres.

P. 220, 1. 5. — Keprindrent leur beau teint, reprirent courage.

P. 222, 1. i3. — La Bretaigne estre l'ancien hommage de France. Ces observations et celles qui précèdent, offrent un exemple de la haute opinion que les Bretons ont toujours eue de leur pays, et de leur profond attachement à cette noble province qui a donné à la France un si grand nombre d'hommes distingués dans tous les genres.

P. 2 23, 1. 11. — Qui ne furent onc querellez aux princes de ce pats, qui ne furent jamais contestés aux princes de ce pays (de Bretagne).

P. 224, 1. 2 et suiv. — L'Alleman, l'Espagnol, l'Italien, l'Anglois, etc. La remarque n'est que trop vraie : « La moitié du monde se rit de l'autre moitié. » Si du moins elle ne faisait qu'en. rire l

NOTES. 3x3

Chap. XXXIV. — Epistre de Polygame a un gentil-homme

CONTRE LES ATHEES ET CEUX QUI VIVENT SANS DlEU.

P. 227, 1. 7. — Sinon entant qu'elle retient le simple peuple en obéissance. C'est ce que' nous entendons souvent répéter encore aujourd'hui.

P. 228, 1. 1. — Comme d'un Mornay. Duplessis Mornay avait publié en i58i (Anvers, in-4 ) son Traité de la vérité de la religion chrestienne contre les athées, épicuriens, payens, juifs y mahumetistes et autres infidèles.

P. 241, 1. 2 3. — // vivra du labeur de son ame. Le texte porte verra, mais ce ne peut être qu'une faute du compositeur ou du correcteur, entraînée par le même mot qui se trouve deux lignes au-dessus.

P. 249, 1. 11. — Ils n'ont laissé à dire la vérité, ils n'ont pas voulu taire la vérité.

P. 2 55, 1. 7. — Je vous prie me donner congé, de me donner la permission.

Même p., 1. 23. — De la tribu et extrait de Levi, de la tribu de Lévi et descendant de lui.

P. 261,1. 26. — A cemoien, et pour clorre ma lettre, etc. Cette longue apologie de la religion chrétienne, jetée à la fin d'un livre où se trouvent plusieurs contes et discours assez peu édifiants au point de vue de la décence, montrent qu'il ne faut pas ranger leur auteur au nombre des libres penseurs. Je ne crois pas non plus qu'il faille considérer cette épître de Polygame et toutes les réflexions qui lui sont attribuées dans le cours de l'ouvrage, comme une sorte de précaution à la faveur de laquelle Du Fail espérait faire passer des réflexions plus libres et plus hardies. On peut très-facilement concilier les attaques qu'il a dirigées contre les abus de l'Église avec son orthodoxie en matière de foi, de même que 11 40

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ses critiques contre les abus de la magistrature ne font qu'attester son amour pour la justice et son respect pour les lois. Quant à l'apologie elle-même, elle exigerait un long commentaire s'il s'agissait de discuter l'authenticité de quelques-uns des faits ou des témoignages sur lesquels elle s'appuie ; mais une dissertation théologique ou philosophique nous semblerait ici hors de propos et même tout à fait déplacée.

Chap. XXXV. — La Retraite d'Eutrapel.

P. 265, 1. 1. — Eutrapel, comme tout pensif et faschë, dit à Polygame qu'il se vouloit retirer. Il était difficile de terminer d'une manière plus heureuse et plus intéressante les Contes et Discours. Ce trente-cinquième chapitre est un petit chef-d'œuvre : c'est le testament d'un philosophe aimable, sûr de trouver dans cette vie des champs dont il fait une si vive peinture, et qu'il a toujours aimée, la liberté et le calme que ne peut donner le bruyant séjour des villes; c'est aussi l'éloquent résumé des critiques dirigées dans lé cours de l'ouvrage contre les abus qui ont révolté la sincérité de sa foi religieuse et sa conscience de magistrat.

Même p., 1. 3. — Le laisser avec ses plusieurs femmes. Allusion au nom de Polygame.

P. 267, 1. 2. —Renversant mon nom de Léon Ladulp. C'est l'anagramme de Noël Du Fail, dans les Propos rustiques et les Baliverneries.

Même p., 1» 4. — Alongeant souvent le brads. Exemple de l'orthographe fautive du XVI e siècle, intercalant souvent les consonnes non autorisées par l'étymologie, comme on le voit plus haut p. 206, 1. 6, au mot couldes, coudes.

Même p., I. 16. — L'autrefois, avec l'autour. L'édition de 1732 a aurour, métamorphosé par Guichard en aurore.

Même p., 1. 26. — Sauces athiacques. S'agit-il de sauces athéniennes? Breuvage d'Eschyle pour dormir : est-ce un souvenir du sommeil des Euménides que les cris de Clytemnestre ne peuvent réveiller?

P. 268, 1. 2. — Comme Vejanius. Souvenir du commencement de la première épître d'Horace :

Prima dicte mihi, êumma dietnde camena.

Même p., 1. 26. — Estoit sur le haut, était arrivé au plus haut degré du mensonge.

P. 269, 1. 6. — Je me consomme : on dit aujourd'hui je me consume. Il n'y avait pas encore de différence entre consumer et consommer, quoique ce soit le même mot autrement orthographié, comme plorer et pleurer.

Même p., 1. 21. — Vousisses pour voulusses. C'est la forme la plus ancienne. Maître Wace, dans Brut, v. 3345, a dit :

Mais s'il te venoit à plaisir Que nous vousisses retenir.

Dans le Livre des Rois, I, p. 9 5 :

Deus m'out livred en tes mains e ocire me volsis.

P. 270, 1. 23. — Pour y trouver, puisque tu y trouveras.

P. 271, I. 2. — En la Hieronyme de son Valdoli, le monastère hieronymite de Valladolid.

P. 273, 1. 5. — Seigneur du Haillan. Cet historien, né à Bordeaux en 1 535, mourut à Paris en 1610. Il se distingua d'abord comme poète et comme traducteur,

3l6 NOTES.

mais il est surtout remarquable comme historien. Son principal ouvrage est V Histoire générale des Rois de France, contenant les choses mémorables advenues tant au royaume de France qu'es provinces estrangères, depuis Pharamond jusqu'à Charles VII inclusivement.

Même p., 1. 23. — Fera les ongles... de son honneur, retranchera, supprimera tout ce qui peut lui faire honneur.

P. 274, 1. 19. — Douze millions trois cens mil livres de rente. Cette richesse immense des gens d'Église est un des griefs sur lesquels Du Fail revient avec insistance , et il répète ici ce qu'il a dit ailleurs , savoir que la tierce partie devrait en être rendue aux pauvres des lieux où sont leurs biens situés.

P. 275, 1. 27. — Entre les mains des nouveaux venus et tirez du populaire. C'étaient les nouvelles couches sociales de ce temps -là, évolution nécessaire contre laquelle les récriminations sont inutiles. Il faut s'y résigner au lieu de chercher, comme le veut notre auteur, à revenir en arrière, puisque c'est en cela surtout que consiste le progrès des institutions humaines.

P. 279, 1. 20. — Lysander alla faire sa révérence et saluer Cyrus. Il ne peut être ici question que de Cyrus le Jeune et non du fils de Cambyse, auquel convient mieux la qualification de grand roi des Perses.

P. 282, 1. 3. — Dans l'énumération des princes ayant abdiqué, substituer les noms de Humbcrt, dauphin de Viennois, à Hubert; de Vamba, roi des Wisigoths, à Bamba; de Contarini, doge de Venise, à Contaren; Judoc refusa le trône que lui offrait son frère Judicaël, roi des Bretons.

P. 283, 1. 2. — Vous voudriez bien sembler (pour assembler), vous voudrez bien vous réunir.

P. 285 et 286. — Les deux pièces de vers qui terminent ce volume, et qui se trouvent dans l'édition de

i585, n'ont pas été reproduites dans l'édition elzevirienne, où se trouve le Discours en vers sur la Corruption de notre temps, adressé à Jean du Han par Noël Du Fail.

[ette édition était sous presse lorsque nous ) avons pu prendre connaissance des remarques auxquelles a donné lieu, de la part de HVÏ. de la {Borderie, dans la Revue de Bretagne et de Vendée 1 y l'édition publiée par M. J. Assézat dans la Bibliothèque eluvirienne. D'accord avec l'éditeur sur le mérite littéraire de Du Fail, sur son admirable esprit d'observation et son incontestable talent de conteur et de peintre de mœurs, M. de la Borderie regrette que les commentaires et les notes si nécessaires pour l'élucidation du texte n'aient pas été confiés à un Breton, à un compatriote de Noël Du Fail. Les localités dont il est question dans ses divers ouvrages, ses fréquentes allusions à des coiftumes ou à des traditions locales, exigeraient, pour être complètement expliquées, une parfaite connaissance du pays. Les méprises en pareille matière ne peuvent pas être toujours évitées, et M. de la Borderie, qui en relève quelques-unes dans l'édition de la Bibliothèque eluvirienne, aura probablement à en signa-

i. Sixième livraison, décembre 1874.

1er dans la nôtre. Mais ce sont surtout les Propos rustiques qui auraient besoin de ce genre de commentaires. Les Contes et Discours d'Eutrapel ont un caractère plus général, et notre but était surtout de mettre en relief tout ce qui pouvait faire apprécier Du Fail comme écrivain et comme penseur.

L'article qui lui est consacré dans la Revue de Bretagne et de Vendée contient plusieurs extraits des Archives du Parlement de Bretagne, d'une grande importance au point de vue de sa biographie. Ce sont les lettres de provision de l'office de conseiller au parlement de Bretagne (i 57 1) et de conseiller honoraire au même parlement (i586), pour Noël Du Fail (maistre Nouel Du Fail); et enfin des lettres patentes autorisant René du Rouveray à prendre les nom et armes de Du Fail, (i588.)

Ces deux documents sont surtout curieux en ce qu'ils rectifient l'opinion généralement accréditée, et que nous avons partagée nous-même, sur la date de la mort du conseiller breton. La première édition des Discours et Contes d'Eutrapel, publiée à Rennes en 1 585 (et c'est celle que nous avons textuellement reproduite), porte, comme on l'a vu, sur le titre, ainsi que les deux éditions publiées en 1 586, « par le feu seigneur de la Hérissaye ». Or, les extraits des registres du parlement cités par M* de la Borderie prouvent que le seigneur de la Hérissaye, déclaré défunt en 1 585, vivait *encore en 1 586, obtenait des lettres d'honorariat le 3i octobre 1 587 et pourrait bien avoir vécu jusqu'en 1 588, c'est-à-dire jusqu'à l'année où le roi Henri III autorisa René du Rouveray, écuyer, fils de Jean du Rouveray et de Françoise Du Fail, dame de Château-Létard, à prendre, lui et ses hoirs, le nom et les armes de Du Fail, « la dite maison étant tombée, faute d'enfants masles, aux mains de la damoiselle Françoise Du Fail ♦ »

a Le défaut d'héritiers mâles du nom et de la maison étant articulé dans ce document, dit M. de la Borderie, il serait logique de croire que Du Fail n'était plus et avait précédé dans la tombe cet Antoine, nommé comme dernier mâle de la race. Après avoir vu notre auteur survivre de deux ans à une édition de son livre où il se proclame défunt, on ne peut mettre trop de réserve dans ses affirmations. »

Ces deux années qu'il faut, d'après ces documents officiels, ajouter à la vie de Noël du Fail, sont un fait assez extraordinaire. Il est difficile de deviner les motifs qui l'avaient engagé à se déclarer mort, et cela dans trois éditions publiées dans la ville où chacun pouvait s'assurer du contraire. Nous ne nous chargeons pas de trouver le mot de cet énigme bibliographique et biographique. Nous n'en savons pas moins beaucoup de gré à M. de la Borderie de son intéressante découverte.

Académie, douteur, disciple de la nou?elle Académie.

Accession, accessoire.

Accommoder de lieu, donner une place, un emploi.

Accorder, se mettre d'accord.

Accort, poli, complaisant.

Accortement, poliment.

Acertener, certifier.

Achommer, chômer, rester sans travail. En latin du moyen âge, cauma, chaleur du soleil, moment où le laboureur se repose. En provençal, chaume signifie encore le temps de repos des troupeaux.

Acointer, accompagner : lat. ad comitari.

Aconché, bien paré, bien habillé. C'était la signification de l'ancien français, coint, cointise; lat. comptus.

Acoustrer un jardin, le mettre en bon état.

Adhérez, attachés.

Adieu Fouquet ! locution souvent employée dont le sens est : tout est fini, il n'y a plus à revenir. V. Fouquet.

Adiré, perdu, égaré, qui est à dire.

Adjourner, citer en justice.

Advisacer, regarder en face, envisager.

Affaire, employé au masculin, comme beaucoup d'autres mots féminins aujourd'hui. Beaux affaires.

Affermer, assurer, affirmer.

Affetté, affecté, paré, façonné : affetté comme Veguille d'un pelletier. C

Affetteries, mignardises, mines affectées.

Affiert (il), il convient; Ut. afferire.

Affiné, raffiné, rusé.

Affronteur, hardi, impudent,

Affuster, ajuster : affuster ses lunettes.

Aguetant, sur le qui-vive.

Aguigner, regarder en dessous, lorgner.

Aguisoire, pierre à aiguiser.

Ahedrter (s'), s'opiniatrer.

Aiguille. V. Eguillb.

Ains, mais, au contraire. — Ains, oins, à qui mieux mieux.

Aixeul, essieu : lat. axiculus.

Albanesque, chapeau fait à l'albanesque.

Aliboron, un des noms donnés à l'âne. Tiré plaisamment par Rabelais de alibi : magister aliborum, avocat habile à imaginer des alibi.

Allemand. // n'entendoit que le haut Alleman, il n'y comprenait rien.

Alloy, aloi, titre, valeur légale.

Altère, inquiétude.

Altese, altesse, importation italienne.

Amadis, roman français cité.

Ambles (perdre ses), être vaincu, s'égarer, perdre la partie.

Ami de tous et familier à peu, proverbe.

Amnestie, oubli , du grec, eÊ/Avrçrrta.

Ampli atif, superlatif.

Anditotarim, Mellusine, légende Vigo, mots dits à tort et à travers.

Anguille. Escorcher V anguille par la queue, prendre le moyen le plus difficile. — Il y avoit anguille sous roche, il y avait un piège, un danger inconnu.

Anicheur de poules, benêt, celui qui mène les poules coucher.

Animant, animal.

Apasté, bien nourri.

Apparence (sans), sans apparaître en justice.

Apparesser (s'), devenir paresseux.

Appendre, pendre.

A quoi, pourquoi. — A quoi le celerois-je ?

Archtcoupeur de bourses, voleur effronté.

Armet, armure de tête, heaume.

Arolle, enroulé.

Arraisonner, raisonner.

Artillerie de gueule, provisions de bouche.

Asne Cuman, âne de Cumes.

Assiduelle, continuelle.

Assopir, le même qu'assouvir, achever, apaiser; tous deux de ad

et soporire, endormir.

Assortemens de la cmarrue, pièces diverses de la charrue. Asteles, petites bûches.

Atout, avec tout, avec.

Attacher, attaquer.

Attramper, tempérer, modérer. On a dit d'abord attemprtr, du

latin temperare, puis tremper. Attemprance, dans Montaigne,

signifie modération.

Aune. Tout le long de l'aune, pouce et touU — Combien Vaunt

en vaut.

Auparsus, par-dessus tout.

Aymon (les quatre fils d'), roman français cité.

Badé (au) , au cri : du latin badare, ancien français batr.

Badin en cramoisi, badin à outrance.

Badin sans farine, naturellement plaisant.

Bagues sauves, sans dommages.

Baisers mouillez, baisers sur la bouche.

Baloy, balai.

Bandoulier di cuisine, voleur, parasite : esp. bandoUro, séditieux,

brigand.

Bannirai (je te), je publierai tes bans de mariage. Baptistaires, baptêmes.

Barbe (dire en), dire en face.

Baretades, coups de barrette, politesses affectées : prov. berretta,

béret.

Baril. Tant dure le baril, tant dure la feste, proverbe. Barisel, concierge, gardien, auj. barigel, nom du chef des sbires

en Italie.

Basses-marches. Sujet aux gabelles et douanes des basses-marches,

se livrant à la débauche.

Bassin (cracher dans le bassin), rendre gorge, restituer. Baston. A hardy homme court baston y proverbe. Baudement, hardiment : bald, baud, vieux français. Baudrier équinoctial (le). Mot employé au figuré pour désigner

un objet que l'on ne peut nommer décemment.

Baudrier saint Yves (par le), jurement.

Bavoque, monnaie romaine.

Beauce. Un Monsieur de trois au boisseau ou trois à une espèce,

comme en la Beauce.

Beau saut (tomber), tomber de haut.

Bec (avoir bon), garder le silence.

Bec (prendre par le), injurier.

Bec du pied (ii), le bout du pied.

Bec-jaune, bejaune, sottise ou homme niais, d'après un terme de fauconnerie, oiseau ayant encore le bec jaune.

Bzdondon, tambour. ^

Bedonneries, bruits de tambours.

Begaudahs, nuisant, musardant.

Bbgaut, nigaud, probablement de bègue.

Bxustre, vaurien. Étymologies proposées : latin, balatro ; allemand, betler, mendiant.

Belbtrant, mendiant.

Bestial, bête.

Bellocier, prunier sauvage, prunellier.

Biluteurs, habiles à bluter (pris dans un sens figuré).

Bemus, Besmus, niais, faible, sot.

Besiees, plintes.

Beste coiffée, une femme.

Bestion, petite bête.

Biaut, Bliaut, blaude, blouse : anc. ail. bliald, étoffe.

Bienveigner, souhaiter la bienvenue.

Bigearre, bizarre.

Blanc dans l'osil. Celui qui n'a point de blanc en l'œil, le diable.

Blasonner, critiquer : de blason, dont la signification primitive était bouclier orné de peinture. Blasonner, c'était expliquer le sens des symboles ou des couleurs de l'écu ; par extension, il a pris le sens de blâmer, critiquer.

Boneter, ôter son bonnet, saluer.

Borde, maison écartée.

Bosse. Que la bosse d'yver te puisse coupper la gorge ! imprécation. La boue d'hiver désignait une sorte de tumeur dangereuse.

Bot, bout.

Bouillonnsux, mouillé par la pluie.

Bougrain, espèce de drap bougran.

Bouillons, gouffres.

Bouler, se promener.

Bouquin, bouc.

Bourde, plaisanterie, moquerie.

Bourder, se tromper.

Bourguignotte, nom donné au casque, à cause de son origine bourguignonne, sans doute.

Bourriers, fétus, ordures. Avoir des bourriers en sa fluste, avoir des reproches à se faire.

Bouteilles. Faire monstrer le cul aux bouteilles, les vider.

Boutehors. Jouer à boutehors, à a ôte-toi de là que je m'y mette » .

Brachialement, en prenant par le bras.

Bragard, bien vêtu, brave.

Bragardement, hardiment.

Braguibus, bravache.

Bragues, braies, culottes.

Bragueux, terme de mépris.

Brancher, accrocher aux branches, pendre.

Branles, danse bourguignonne.

Branler, hésiter.

Braguemard, Braquemart, espèce de coutelas.

Brebis. Quant les brebis vont aux champs, la plus sage va devant.

Brigandine, arme.

Briguet, pour briquet. Petit chien de chasse.

Brisées. Reprendre ses brisées, reprendre son discours.

Brouee, pluie.

Brouillis, brouillerie.

Brouiller, s'agiter, surgir : broil, breuil, pousse de bois, branchage.

Buse, lessive, vapeur humide. En provençal, bugada; patois du Berry, bugée.

Buissonner, courir à travers les buissons.

But a but, d'égal à égal.

Bute, buie, cruche.

Cachemuseau, pâtisserie du Poitou.

Cahin caha, par ci, par là.

Campani. Cloche,* grelot. Mettre la campant au chat, commencer

la querelle.

Caquet. // mit (le vin ) hors des caquets de ce monde, il but une

tasse de vin.

Carole, danse.

Carous (boire a), faire carous, boire copieusement, vider les verres :

de l'allemand garaus (gar, tout à fait, et aus, vide). Carte virade, carte tournée.

Causaians, mis en cause.

Cautele, ruse.

Cave (faire), faire son jeu.

Caver, creuser.

Cracuniere (chacune en sa), chacune dans sa maison. Chaffauder, échaffauder.

Chandelle. La chandelle qui va devant esclairant beaucoup mieux

que celle de derrière et qui va après.

Chanson. Ne fut onc bonne chanson chantée, jamais on n'eut à se

féliciter, à s'applaudir.

Charneure, chair, parties charnues.

Charrue, charroyé.

Chat. Le chat scroit maudit si, trouvant le pot descouvert, il n'y

mtt la pâte.

Chatemite, paroles doucereuses. Faire la chatemite. Chaudet, lit bien chaud.

Chauffecire. ChaufFeur de cire à sceller les actes. Chemichant ou Chemissant, ricanant.

Chère, Visage. Faire bonne chère, faire bon visage ; latin cara,

grec xâpa.

Chevaler, poursuivre à cheval.

Chevalier de la cotte mal taillée, titre d'un fabliau. Chevance, richesse.

Chevauchées, enquêtes.

Chevir, réussir, en venir à chef, à bout : je m 1 en cheviray bien. Chèvre. Reprendre sa chèvre à la barbe* reprendre son discours,

revenir à ses moutons.

Chevreau, chevreuil.

Chiabrena (faisant bien le), grondant, murmurant. Chiche, pauvre, économe. Autant despend chiche comme large. Cm quêter, déchiqueter, tailler, découper, de chiche, avare : chiquet,

en patois, petit morceau ; espagnol, chico; latin, ciccum, chose

de peu de valeur.

Chien. Tout d'une venue comme la jambe d'un chien. Chien et chat. Donner à manger au chien et au chat, dépenser en

prodigalités.

Choisir, voir, apercevoir : anc. fr. coisir.

Choper de la teste, consentir en faisant un signe de tête. Chose. La chose tourna sur le chose. Chose au masculin désigne

un objet innommable.

Chrysopee, art de faire de l'or (titre d'ouvrage cité). Ciseaux. Il n'y avoit plus que les ciseaux entr'eux. Ils .étaient aussi

rapprochés que possible, Cistre, citre, cidre.

Clocher. Clocher devant les boiteux : c'est avoir l'air de se moquer d'un boiteux en simulant son infirmité.

Coarcte, serré (lat. coarctatus).

Cocher sur la grosse taille, faire grande dépense. Cochonner, faire bonne chère.

Coegaux, camarades.

Cohue, halle au blé.

Colerer, rendre colère.

Colifiori, choux-fleurs.

Coun Briaud, nom donné par Eutrapel à lupolde. Colocynte, coloquinte.

QLOSSAÏftÇ. 3«9

Compase, régulier, fait au compas.

Complans, plants;

Complantatif, contemplatif,

Concution, secousse.

Confuter, réfuter,

Confiner, limiter, déterminer.

Connin, connil, lapin : lat., cuniculus. Le vieux français avait conniller, fuir comme un lapin, au figuré, user de subterfuges.

Consequentieux, de grave conséquence.

Consistorial (moine), appartenant au consistoire papal,

Contbmhwent, mépris,

Contre advoub\ contesté. Contradvouer, en terme de barreau, est faire opposition,

Contrecarder, garder avec soin.

Contreliaison, liaison semblable.

Contrepeter, imiter.

Contrbseil, contrescel.

Controngle, dur comme un contr'ongle, cuirassé.

Contreroller, contrôler, étudier avec soin.

Convent, couvent.

Coq. Si la poule chante aussi haut que le coq, ce sera un desordre perpétuel, la femme ne doit pas parler plus haut que son mari.

Corbieu (par le), par le corps de Dieu.

Corbin, corbeau ..

Cornet, écritoire.

Cornichon. Cornichon va devant, espèce de jeu.

Cornière, coin.

Cornillois, langage des corneilles.

Coronal, colonel. Colonel est le vrai mot, venant de l'italien colonnello, tête de colonne. Coronel, couronel, est une prononciation provinciale.

Corrival, corival.

Corrosif, emporté, ardent, rageur.

Couetils, toile à matelas.

Couette, matelas.

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