‹ Contes et facétiesChapitre 27 sur 69 · LES REGRETS DES PETITES RUES · texte numérisé non relu

LES REGRETS DES PETITES RUES

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LES IlEfiRETS DES PETITES RUES

EsRomainsont eu leurs édiles; les Empereurs eux-mêmes ont cherché à amuser ce peuple indomptable, par des spectacles d'une magnificence égale à la puissance et à l'étendue de ce grand Empire. Cependant chaque objet de ces magnificences était fixe. Le théâtre fameux de Scaurus, qui fit tourner le peuple romain sur un pivot, était assurément une chose admirable ; mais c'était une chose fixe et arrêtée, que l'on ne pouvait en quelque façon voir que d'un seul point de vue, et qui n'eut au plus que deux mouvement? Aujourd'hui la ville de Paris

donne une fête avec laquelle on se promène : ellemême court les rues, on les court avec elle ; on la rencontre,on l'évite, on la gagne de vitesse. Les chars des jeux olympiques n'avaient tout au plus que quatre chevaux ; qui peut compter ceux dont il s'agit aujourd'hui? Les premiers n'avaient jamais de relais, ceuxci en auront plusieurs : ils auront vingt-cinq pieds de long, tandis que cette Grèce si fameuse ne leur en donnait au plus que trois : ces chars de triomphe, qui ont satisfait la vanité des Consuls et des Empereurs de la superbe Rome, seraient traînés, eux et les chevaux, quatre à quatre dans les chars de Lutèce, qui doivent être à jamais célébrés.

Que Rome et la Grèce cèdent donc à Paris sur la grandeur et l'étendue du volume, et qu'elles lui cèdent encore plus sur le poids que leurs chars avaient à porter. En. effet, des vainqueurs célèbres par leur adresse ou par des victoires que d'autres leur avaient souvent procurées, étaient d'une légèreté qui n'est point à comparer à la pesanteur immense des vivres qui sont nécessaires pour rendre tous les citoyens partisans d'une joie si générale. Cette abondance roulante n'a jamais eu d'exemple dans aucune histoire: je doute même

qu'elle puisse jamais être imitée: car, enfin, que de combinaisons heureuses n'a-t-il pas fallu pour les rassembler! quelle imagination pour donner des livrées à la Gloire, à l'Hymen, etc. ! Je m'arrête, l'admiration me conduirait trop loin. Mais je ne puis finir sans dire que la véritable magnificence est de dépenser beaucoup sans qu'on puisse s'en apercevoir.

Après avoir, en bon citoyen, rendu à une si belle etc la justice qu'elle mérite, je vais joindre à ce ourt éloge des éloges plus étendus ou, ce qui est la nême chose, des relations et des descriptions de ces )eaux chars, et rapporter quelques histoires arrivées l'occasion de l'ordre et de la marche.

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