‹ Contes et facétiesChapitre 46 sur 69 · POUR SAINT PIERRE ET SAINT PAIE · texte numérisé non relu

POUR SAINT PIERRE ET SAINT PAIE

^^icolas et Damon, enfants de la contrée, IN Étaient tous deux soupirans de Philis;

Des mêmes feux également épris, Ils ignoraient encor leur douce destinée.

L'un, pour témoigner son ardeur,

Était toujours paré d'une couronne; L'autre, sans ornemens, veut plaire à son vainqueur, Avec le seul tourment que son amour lui donne.

A l'ombre de jeunes ormeaux, Tous deux trouvent Philis, et profèrent ces mots :

C'est aujourd'hui, ma belle, notre fête;

Vous connaissez, n'est-ce pas, notre amour? Trop charmante Philis, décidez en ce jour, De qui, d'entre nous deux, vous êtes la conquête?

C'est trop barguigner en effet, Dit Philis, dans mes vojux je veux vous faire lire;

-De votre sort je m'en vais vous instruire, En vous donnant un différent bouquet.

Puis, de sa droite, elle offre sa couronne

A Daraon, qui n'en avait pas; De sa gauche, elle prend celle de Nicolas, Au lieu de celle qu'elle donne.

Par cette diverse faveur, Alors d'un air gausseur demande la friponne, Qui des deux se croit mon vainqueur?

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