GALANTERIE NOUVELLE D UN MARCHAND ROTCHER A SA MAITRESSE
1 l y avait une fois un honnête boucher, qui avait *■ bien plus d'argent que d'esprit, duquel il fit l'usage qui s'ensuit. On l'avait invité à faire une galan terie à sa maîtresse; il rêva donc si longtemps, que le mardi gras arriva : comme il n'y avait plus d< temps à perdre, il imagina de lui envoyer un bœuf dans lequel il y avait un cochon, qui renfermait ui veau, oùétait contenu un mouton, où l'on avait mis ur poulet d'Inie, lequel contenait un chapon du Mans garni en dedans d'une bartavelle, où se trouvait ui
ortolan; et ainsi toujours en diminuant, l'un dans l'autre, jusqu'à une petite mauviette, dans laquelle, pour finir, il avait écrit un billet de déclaration, en ces termes :
« Si le contenu du présent billet est agréable à mademoiselle, je préférerais la mauviette à ortolan, perdrix, chapon, dindon, mouton, veau et cochon, et je m'estimerais plus heureux que ce bœuf gras. »