‹ Contes et facétiesChapitre 57 sur 69 · UN POISSON D AVRIL · texte numérisé non relu

UN POISSON D AVRIL

r tn amant, qui par hasard n'avait pu plaire à l^ celle qu'il aimait, ne laissa pas de gager coure elle qu'il lui donnerait le meilleur poisson d'aril du monde; elle, de son côté, ne voulant pas deneurer en arrière, gagea aussi contre lui qu'elle lu* n fournirait un bien plus beau. Ledit sieur fit donc aire une caisse en forme de poisson d'avril, mais asez grande pour qu'il pût se fourrer dedans. Effectiement, il s'en fit un étui, et on le transporta ainsi hez sa demoiselle, laquelle en conçut à l'instant de

si grands soupçons, qu'elle se douta du contenu. Elle trouva justement sous sa main un autre de ses amans, qui lui plaisait infiniment, et avec qui elle était en pourparler de noces; c'est pourquoi elle s'assit avec lui sur la caisse énigmatique, et là, sans autre façon, elle reçut et accepta de lui toutes les promesses imaginables d'amour et de fidélité, à charge d'autant; le tout accompagné de railleries et , plaisanteries à rencontre de celui qui faisait l'âme du prétendu poisson d'avril. On demande lequel des deux valait le mieux.

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