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COMME LES CHOSES ARRIVENT

Mademoiselle Bréchet contait l'autre jour à un monsieur de qualité, de ses amis, qu'elle avail trouvé chez une de ses parentes, là où elle dînait M. Daviliers, qui, l'ayant entendue chanter de petit4 airs à boire, et qu'elle rendait à manger, lui aval

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dit : En vérité, mademoiselle, vous devriez bien entrer à l'Opéra. — Pour qui me prenez-vous, monsieur? lui avait-elle dit; je ne suis point fille à ça, je veux retourner à mon couvent (dont elle était en tl'et pensionnaire).

A quelques jours de là, elle revint encore diner lans le même endroit; et M. Daviliers, qui s'y trouva >areillement, lui dit, quand elle eut chanté ou pluôt enchanté toute la compagnie : En vérité, madenoiselle, vous devriez bien entrer à l'Opéra. Je l'enoyai paître fort poliment, mais de façon que je rus qu'il ne m'en parlerait jamais plus. Cependant, ; même dîner s'étant encore refait de la même faon, M. Daviliers ne me dit-il pas encore la même liose ! Oh ! je me fâchai tout de bon, je vous le remarrai qu'il n'y manqua rien; je pleurai, je voulus à )ute force retourner à mon couvent... et j'entrai 13 •-ndemain à l'Opéra.

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HISTOIRE VÉRITABLE D'UN GENTILHOMME QUI DONNA A SOUPER A DEUX DAMES QU'lL VOULAIT ÉPOUSER

jamais on ne se ruine que quand on fait des dé- ^ penses extraordinaires; c'est ce qui fait qu'on ne doit pas s'abandonner à la dissipation des richesses, quand la fortune nous fait le plaisir de nous donnerj du bien, comme on le va voir.

Un gentilhomme, amoureux de deux dames, nommé Guillaume, les couchait toutes deux en jouc.l en tout bien et en tout honneur. En fin finale, il par i vint à leur donner à souper à toutes deux et lui sonl trois. Rien ne faisait mieux voir sa magnificence qun sa bombance ; car sans doute le festin n'a pas eu son égal, tant pour les petits pieds que pour les au I très viandes et la bonne chère qui y étaient répaii-l dues partout, sans compter le vin et les autres bois I sons; les bouteilles volaient à la ronde, pendanl quoi ils faisaient la conversation, où Cupidon et Baci chus n'étaient point épargnés; il eu contait à 1. brune et à la blonde, pour parvenir tour à tour à er I

épouser une des deux, car il s'était fait informer dans le quartier qu'elles étaient fort riches et fort belles. Mais les mauvaises intentions sont toujours mal récompensées; car une des demoiselles, ayant beaucoup mangé de plusieurs ragoûts, fit semblant de sortir en s'en allant de la chambre pour les écouter ; ce qui fit qu'il conta des fleurettes à la blonde, dont elle se trouvait fort prête à l'épouser en l'absence de l'autre. Elle rentra, après les avoir entendus entre la poire et le fromage, en fureur où elle prit un couteau, et voulant le poignarder dans sa colère. Mais l'autre demoiselle brune, voyant qu'il y avait eu aussi des promesses avec sa cousine, prenant de son côté une fourchette qu'il y avait sur la table par hasard, elles sortirent toutes deux en renversant tout ce qui était dessus, soit plats, soil chandeliers, et jusqu'au vin, avec des paroles injurieuses, pour ne le plus voir jamais. C'est pourquoi Damon, qui entra sans trouver seulement* un verre où l'on pût boire tout entier, entra déplorant le sort de son infortuné ami, lui représenta qu'il ne faut pas dépenser notre argent sans prendre garde à ce que nous faisons, entraînés par la volupté des passions, surtout quand on court deux lièvres à la fois.

CHANSON

Sur l'air du prologue des Indes calâmes Point de bruit, etc.

Quand on est gentilhomme, On sait comme L'amour 'se gouverne

Quand un e,t g entilhomme, On sait comme Faut s'en agir.

Quand on tient sa brunette.

On va z'à la guinguette, On fait venir d'un air aisé Un ragoût, du vin rosé Quand on est gentilhomme.

Second couplet.

En trinquant avec elle, On lui regarde dans la prunelle ;

Eu trinquant avec elle, On la prend par le chignon.

En «lisant : C'est que je t'aime.

Elle répond : Moi de même.

Et puis, pour la divertir, On l'embrasse, ça fait plaisir !

En trinquant avec elle, etc.

BATAILLE DE CHIENS Dont un mariage est devenu rompu.

•t e ne sais pas d'où vient qu'on considère tant les ^ chiens, après ce qui en vient d'arriver de nos jours à un repas sur la paroisse de Bonnes-Nouvelles, le propre jour de la noce, ainsi qu'il s'ensuit. Comme on y mangeait beaucoup, et qu'un chacun, par mégarde, jetait les os sous la table, deux chiens les rongeaient, comme on voit souvent que c'est d'ordinaire la coutume dans les festins, si bien que la chienne, se disputant avec Médor, faisait un diable à quatre, qu'on avait bien de la peine à s'entendre, et qu'on donnait diiierens coups de pied pour les faire taire ; ce qui

fit que Sultane marcha imprudemment sur le pied du marié, qui, prenant ça pour un autre, sentit d'affreuses jalousies qui lui entrèrent dans le cœur. La mariée innocente, qui n'avait marché sur personne, et qui n'en savait pas les conséquences, faisait comme si de rien n'était. Pendant tout ce temps-là, les yeux du fiancé tombaient avec fureur sur son cousin du côté de la mariée, qui, sur ces entrefaites, but par malheur à sa santé, qui le lui rendit, ainsi que la civilité le permet, sans qu'il y eût rien là-dessous. A cet outrage, le sieur Dorimène, je veux dire le marié, que nous nommerons dorénavant delà manière, se jeta sur sa prétendue, lui arrachant si belle garniture. Sur cette vivacité, voilà tous les garçons de la noce et madame la belle-mère qui retira sa parole, dont le mariage ne se fit plus. Voyez, après cela, si vous devez mener vos chiens en compagnie.

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