UN PROSCUIÏ DE DÉCEMBRE
puissance, de toute grandeur et de toute beauté et ils formèrent le nom de lEOYA qu'ils invoquèrent dans leurs besoins et dans leurs malheurs.
En voyant la composition de lEOVA on se demande pourquoi l'E, ou la femme, occupe la seconde place, tandis que l'A, ou Thomme, occupe la dernière. Ne serait-ce pas pour indiquer que la femme, par sa destination, ses attributs, sa faiblesse, est digne, après Dieu, d'occuper la première place, et que l'homme, par son orgueil, ne mérite que la dernière? C'est du moins ce que nous apprend une inscription trouvée sur l'épaule droite d'un sphinx : « Homme, sois humble, celui qui veut être le preiniev parmi ses frères, devient le dernier devant Dieu : son terrible nom lEOVA enseigne an superbe sa place. »
Voilà comment le docteur expliquait Vorigine de laparole humaine. Je m'abstiendrai de tout commentaire, ne voulant pas déllorer la poésie de cette définition si originale de .Téhova.
Car il croyait en Dieu, non pas au Dieu des religions humaines adoré par les générations sous les noms de Brahma, Jupiter ou Jésus ; ces dieux là, pour lui, n'étaient que des fétiches et des brandons de discorde ; et il répondit un jour à un ecclésiastique qui lui reprochait de ne jamais mettre les pieds à l'église : « Moi, monsieur le curé, j'adore le vrai Dieu dans mon livre d'anatomic ! »
Belle réponse devant laquelle tout croyant doit se découvrir.
« Dieu et la République ! voilà ma devise, disaitil encore à son lit de mort. Dieu m'avait mis au
monde, je le crois du moins, pour servir la République ; j'ai usé ma vie pour elle, je puis donc m'en retourner à lui, le cœur plein de joie, puisqu'elle est ressuscitée ! »
Ainsi meurent les justes.
Il fut enterré civilement — ce qui fit un grand scandale — mai s il n'aurait pas voulu briser dans la mort la belle et simple unité de sa vie.
Pax tibi, milice !