‹ Contes et légendes du bouddhisme chinoisChapitre 17 sur 32 · LE DISCIPLE ASTUCIEUX ET L’ÉLÉPHANT FEMELLE · texte numérisé non relu

LE DISCIPLE ASTUCIEUX ET L’ÉLÉPHANT FEMELLE

Autrefois, il y avait deux hommes qui, à récole de leur maître, étudiaient la sagesse ; tous deux s’en allèrent dans un royaume étranger. Sur la route, ils virent les traces d’un éléphant. L’un des hommes dit : « C’est là un éléphant femelle; elle est grosse d’un petit du sexe féminin ; cet éléphant est borgne. Sur cet éléphant se trouve une femme qui est enceinte d’une fille. » L’autre dit : « Comment le savez-vous ? » Le premier répliqua : «Je le sais par la réflexion; si vous ne me croyez pas, allons en avant, et nous verrons de nos yeux ce qui en est. » Quand les deux hommes eurent rejoint l’éléphant, tout était con-

forme à ce qui avait été dit, et, plus tard, Téléphant femelle et la femme enfantèrent toutes deux. Comme il en était ainsi, le second de ces deux hommes se dit : « L’autre et moi avons tous deux étudié auprès du même maître; moi seul je n’ai pas vu les faits essentiels. »

Au retour, il dit à son maître : « Nous allions tous deux de compagnie; cet homme, en voyant les traces d’un éléphant, a distingué que tels et tels étaient les faits essentiels, et moi je ne puis comprendre. O maître, je désire que vous me donniez à nouveau une explication, afin que je ne sois plus en confusion. » Le maître appela l’autre homme et lui demanda : Par quels moyens avez-vous vu cela? »11 répondit : « C’est par le moyen de ce que, ô maître, vous nous avez toujours enseigné. En regardant l’endroit où l’éléphant avait uriné, j’ai reconnu que c’était une femelle; en observant que son pied droit s’enfonçait profondément dans le sol, j’ai reconnu qu’elle était grosse d’un petit du sexe femelle; en voyant que les herbes sur le côté droit du chemin n’avaient pas été touchées, j’ai reconnu qu’elle était borgne de l’œil droit. En regardant l’urine qui se trouvait à l’endroit où l’éléphant s’était arrêté, j’ai reconnu que c’était une femme qui était sur son dos; en observant que le pied droit appuyait fortement sur la terre, j’ai reconnu que cette femme était enceinte d’une

fille. C’est par des raisonnements subtils que je suis arrivé à ces conclusions. » Le maître dit à l’autre homme : « Dans l’étude, il importe de conclure par la réflexion ; par la subtilité, on comprend les choses; si l’homme superficiel n’y parvient pas, il n’y a point là faute de son maître. »

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