‹ Contes et légendesChapitre 15 sur 30 · CHEZ LES SIRÈNES · texte numérisé non relu

CHEZ LES SIRÈNES

On entend dire souvent : "Je voudrais bien être fée, ' ' mais jamais : "je voudrais bien être sirène."

Pourtant, s'il vous avait été donné de jeter un coup d?œil au plus profond de la mer, il y a quelques années, votre désir d'être sirène aurait été extrême.

Il y avait grande agitation, grand remue-ménnge, partout dans la grotte royale. Les élections avaient eu lieu la veille, et la sirène Joie-des-Flots, avait été élue Reine. On préparait à grands frais, la fête du couronnement et, croyez-moi, cela promettait d'être beau ! Toutes les sirènes étaient dans la plus grande excitation, excepté, cependant Ondedouce, maîtresse des cérémonies. " Je voudrais," confia-t-elle à une de ses sœurs, "je voudrais inventer quelque divertissement nouveau, pour la circonstance. L'impossibilité où je suis de trouver ce que je cherche me rend fort soucieuse."

— "Mais, il me semble que le programme ordinaire n'a jamais laissé rien à désirer" répondit la sœur d'Ondedouce. —

— " Eh ! bien, moi je cherche autre chose ; je cherche et je trouverai ! ' '

A. quelques jours de là Ondedouce dit à m sœur. "J'ai

trouvé !. . . et elle lit part de son idée à sa MBUf qui l'approuva. Et voilà comment il arriva le lendemain, que la reine des fées reçut un cablogramnie ainsi conçu :

"A sa Majesté Kosethé, Heine des V

Madame,

Nous avons l'honneur de vous faire part du couronnement de notre jeuur reine, Joie-des-Flots, qui aura lieu

au dernier quartier de la présente 1 n ne Vous êtes cordhv

lement invitée, ainsi que touto votre côurj à assister à cette tête. Notre sous-marin sera à vos ordres pour le jour et l'heure que vous nous désignerez.

Une réponse affirmative, nous l'espérons, sera reçue avec allégresse.

Votre,

Ondedouce,

Sirène, maîtresse des cérémonies.

Grotte-Royale, Au fond de l'Océan.

La réponse ne se fit pas attendre ; elle contenait l'acceptation en ces termes :

" La Reine Rosethé accepte avec plaisir, pour elle et sa cour, l'invitation de la sirène Ondedouce, Maîtresse des Cérémonies.

Rosethé, Reine des Fées.

La joie fut grande chez les petites sirènes, et on félicita Ondedouce de sa brillante idée. On ferait aux fées une réception dont elle se souviendraient longtemps.

Les jours semblent longs, quand on attend une époque déterminée ; mais tout vient à point à qui sait attendre, dit un proverbe chinois. A la date convenue, le sous-marin revint contenant une centaine de fées et une trentaine de lutins.

La rencontre des deux reines fut cordiale, fort amicale même, et elles eurent lieu d'être satisfaites l'une de l'autre.

Une grande surprise attendait les fées : elles s'étaient fait une idée erronnée de ce que devait être la grotte royale. Une grotte, ce serait rustique, assurément. Sans doute, pour cette grande circonstance, on ornerait cette grotte de guirlandes de lys d'eau, et on couvrirait le sol d'algues

toutes fraîches .... Ah ! mais, ce n'était pas cela du tout, pasdn tout. . . . La grotte royale était un palais magnifique; tendu d'étoffes riches et soyeuses, et les petits pieds enfonçaient jusqu'à la cheville dans les moelleux tapis, et la lumière était distribuée partout par des lustres splendides. Les sirènes avaient fait leur profit des nombreux tré perdus au fond de la mer par les innombrables naufra . Les petites sirènes étaient honnêtes, et ne les accuses pas de piraterie, ce serait trop injuste ; mais elles étaient industrieuses, et avaient embelli leur demeure de toutes choses à jamais perdues pour les habitants de la terre. Dans leur chevelure, autour de leurs poignets brillaient de magnifiques diamants, des perles, des rubis du plus bel éclat : les sirènes aiment les parures, ce n'est pas un bien grand défaut, quand à part cela on est gentille.

Rosethé, émue à la vue de toutes ces splendeurs et plus encore par la réception qui lui était faite, ainsi qu'à toute sa cour, s'avança au pied du trône et dit :

"Salut à toi. Reine Joie-des- Flots, salut et ne rci. • . . Pour te prouver notre reconnaissance, avant même que de prendre part au banquet qui a été préparé poumons, nous voulonste donner un spectacle qui te réjouira sans d >ut<

Et ayant fait un signe de la main, les treni lutins firent entendre un orchestre étrange et magnifique et les petites fées dansèrent

Les sirène.-, qui ne peuvent pas danser, félicitèrent leurs nouvelles amies avec enthousiasme et presque Bans dépit, malgré l'amer regret qu'ell rouvaionl de ne

pouvoir donner un b! beau spectacle.

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