VIT
Retour au Pays.
Deux jours plus tard, le marin annonça à François qu'ils partaient le lendemain.
— " Vous avez trouvé à m' engager ?" demanda le petit.
— "Oui, oui," répondit M. Labonté d'une voix plus enrouée que jamais. " Nous allons courir un peu les magasins, avant de nous embarquer."
Pourquoi en ferions-nous mystère?. . . Monsieur Labonté était allé recueillir un petit héritage à Loi Angeles ; cette petite fortune lui permettrai! de vivre en pais Le n de ses jours. 11 acheta à François un trousseau complet et un beau costume de matelot, 60 toile blanche avec collet blende marin. François eut bien envie de protester qu oostnme lont blanc Berait bien Baliaeant ponr travailler. . . . mais il savait que son protecteur n'aimait pas à être contredit, et il ne dit pas un mot.
Le jour du départ arriva. On partait à bord d'un paquebot, cette fois. M. Labonté emmena François dans sa cabine, et celui-ci fut émerveillé de tout
Il demanda même à son vieil ami s'il pouvait venir le visiter dans sa belle cabine. Pour la première fois depuis longtemps, le marin rit de bon cœur :
— " Mon petit, as-tu cru que j'allais te laisser monter dans les cordages et hisser les voiles tandis que j'aurais toutes mes aises durant ce voyage ? ' '
Et comme François le regardait, étonné de ce langage :
— " Non, crois-moi, ce n'est pas en qualité de mousse que tu voyageras, c'est comme passager ; " et lui désignant un des lits : " C'est là que tu coucheras. Et tu y seras mieux que dans la cale, crois-moi."
François pleura de joie. . . Oh ! comme il l'aimait cet homme aux brusques façons, mais au cœur si bon.
La traversée se fit vite et bien. On arriva au port de T. le soir vers les dix heures.
Madame Ri von était occupée à quelque ouvrage de couture ; elle pensait à son pauvre François et elle pleurait. Elle pleurait toujours, maintenant. . . On frappa à la porte et madame Rivon vint ouvrir :
"Est-ce bien ici que demeure M. Rivon?" demanda M. Labonté.
— "Oui, Monsieur, mais il est sorti. Voulez- vous l'attendre?"
— "Vous êtes madame Rivon, sans doute?". . . Et monsieur Labonté, un peu embarrassé bredouilla presque : "Je viens vous donner des nouvelles "
— " Des nouvelles ? . . . . "
Pauvre monsieur Labonté, il n'avait jamais été si mal à Taise de sa vie, et Dieu seul sait s'il serait parvenu à s'expliquer, si François, qui s'était tenu caché jusque-là, n'y pouvant plus tenir, ne s'était écrié :
— "Maman ! maman ! " en s'élançant dans les bras de sa mère.
Qui donc a prétendu que l'on peut mourir de joie?. . . Il n'en est rien, car Mme Rivon serait morte à ce moment. Elle ne pouvait se lasser de presser son petit François dans ses bras et de murmurer : n François ! . . . mon cher François ! ..." Et monsieur Rivon qui arriva sur les entrefaites n'en pouvait croire ses veux de retrouver ainsi son fils.
Le bon monsieur Labonté raconta très simplement de quelle manière il avait retrouvé le petit, et il eut beau ne pas faire valoir sa belle conduite, M. et Mme Rivon comprirent tout ce qu'ils devaient à ce brave homme, et ils ne voulurent jamais consentir à le laisser partir ce soir là ; iKpassa cette première nuit sou- leur toît Et dans la suite, comme vous le devinez bien, il fut toujours le bienvenu chez eux ; il y avait toujours une place pour lui au loyer.
Et tous les dimanches, régulièrement il dînait chez les Rivon et passait le reste de la journée avec eux. M. Labonté ne quitta plus la ville de T. Il était devenu si attaché au petit François qu'il ne pouvait se décider à s'éloigner de lui. Ou lui faisait souvent répéter les awn-
tun ne de marin, mais oelle qu'il aimait le plui
ee rappeler, c'était celle du "mousse au visage d'an.;
£e ifflirad? be la GIrmx
Marchant sur la route pierreuse, Jésus portait sa lourde croix, Sans qu'aucune main généreuse Voulut en alléger le poids ....
Mais, pourtant les bourreaux craignirent Qu'il défaillit*' sur le élu min ; Ce fut pourquoi ils contraignirent Simon à faire un acte humain ....
Celui-ci, tout d'abord exprime Son refus ; mais bientôt contrit, Levant les yeux sur la Victime, Son cœur s'émeut et s'attendrit.
Sans plus hésiter, en silence, Simon saisit docilement Le lourd fardeau. Sa récompense Ne tarda pas un seul moment :
Car le Seigneur fit un miracle En faveur du Cyrénéen ; Nul n'en vit le touchant Bpectacle, — Simon lui-même n'en dit rien —
L'énorme croix, forte et pesant»-, Que traînait le Sauveur-Jésus, Par une grâce bienfaisante, A oet homme ne pesa plus !
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