‹ Contes et légendesChapitre 7 sur 30 · I. vai.-nt oui raconter tout · texte numérisé non relu

I. vai.-nt oui raconter tout

elle ient sortir de leur demeu

rei quelque nourritu

Vaguedazur avait quinze ans ; au dernier concours de beauté, elle avait obtenu le premier prix. Aussi, qu'elle était belle la petite sirène Vaguedazur !

Si vous aviez vu ses beaux grands yeux si doux, sa toute petite bouche si rose, sa belle longue chevelure dorée 1 De sa chevelure elle était fière à bon droit, et se plaisait à l'orner dos plus beaux lys d'eau. Vaguedazur était mignonne, mais sous cette frêle enveloppe battait un cœur vaillant et fort.

Ce jour-là, Vaguedazur prit la résolution de se dévouer pour ses sœurs. On souffrait cruellement chez les sirènes : le varech ne parvenait plus à tromper la faim, et c'était fade, fade, ces algues marines, et ça tournait le cœur. La voilà donc partie, la petite sirène : certes, le cœur lui battait bien fort, car elle allait risquer sa vie. Mais pouvaitelle voir ses sœurs mourir de faim, sans essayer de les sauver? Non vraiment ! Les autres sirènes, épuisées par un long jeûne, dormaient d'un sommeil fiévreux, peuplé de cauchemars. Elles n'eurent pas connaissance du départ de leur sœur, et, d'ailleurs, elles n'auraient eu ni la force ni le courage de la retenir.

Vaguedazur parcourut des milles sans rencontrer un être vivant. Elle se laissait bercer par les flot?, ou elle nageait entre deux eaux, ou encore: elle plongeait au plus

profond de laaner .... Rien Que de fois elle crut voir>

tout là bas, un poisson d'e; moyenne taille flotter entre deux vagues ! . . . . Vite, elle nageait de ce côté .... Hélas ! ce n'é~ tait qu'une épave, quelque plançon pourri et rongé ! . . . . E Vaguedazur se sentait moins courageuse après ces déceptions "Allons, se dit notre brave petite sirène, je suis

bien loin de notre demeure, je vais retourner par un autre chemin, et, qui sait ?".... Mais l'autre chemin lui réservait le même ^désappointement. Elle approchait de son

gîte, le cœur bien attristé, il est vrai, mai? contente tout de môme Je revenir saine et sauve; quand elle aperçut, ?e dirigeant vers elle, une énorme ma - •. C'était la bal< enragée. Vaguedazui se sentit perdue. . . .

Que faire? Comment se défendre ? Il fallait i la ruse à la force. Ru o eff< t, c'est ce qu • Vag

déoida de faire. La baleine avait vu la sirène ; ses y injectés de sang, Bon souffle pr< elle convoitait sa proie. Vagued azur profita du mon où la baleine plongeait pour nager entre deux eaux; p quand son ennemie se Lança à sa poursuite, la petil plongea jusqu'au fond de L'Océan à son tour. Ce mai dura combien de temps ?.... Vaguedazur n'aurait le dire : une heure, doux heures .... peut-être ; malheureu-

ient, les forces delà pauvre petite s'épuisaient vice jeu. Elle plongea pour la dernière fois, et se tapit derrière un rocher, attendant la mort d'un co-ur ferme. La haleine, sûre de sa proie, c ttc fois, descendit directement - la sirène qui se demandait quel genre de mort lui i rvé. Serait-elle avalée toute vive, ou bien é< >rme masse?. . . . C'était affreux, ce m<

dazur ferma les yeux pour ne pas \

\Tn souffle bruyant— on aurait dit un râle— lui lit L< les paupières: la baleine était là, à dix brasses de la siri étendue sur le dos. Le harpon qu'elle portait au fl avant frappé Le rocher, derrière leqn avait pénétré jusqu'au cœur. La bal<

•• Maintenant, se dit la Birènc, U force pour rejoindre mes sœurs .

r n cri de joie Lui échappa : quelques bras paraient de sa demeure. I ' 'y rendit

elle éveilla ses amies, et Leur raconta B8 tembll

La perspective d'une nourriture assur lit le courage

aux BÎrènes affamées, et elles allèrent toutes sur le lieu du combat. Puis à l'aide de petites pierres aiguisées, on dépeça la baleine qui fournit des repas abondants pour plusieurs mois.

Les poissons, entr' autres les petites morues argentées, revinrent par milliers quelques jours plus tard; et les sirènes ne coururent plus le risque de mourir de faim.

Vaguedazur fut élue Reine des Sirènes ; on lui devait bien cet honneur.

ïttte Inmtl)?

ITn petit oiseau gris avait cru bien choisir, Quand, dans un olivier, aux branches très touffues, Il construisit son nid. Désormais l'avenir Lui paraissait tissé d'illusions vécues .... Hélas, il B6 trompait, le petit oiseau gris .... — Dans ce monde incertain, est-il ch irtaine? —

I. - beaux jours de soleil qui lui semblaient promis servaient au pauvret une terrible peine.

Un matin il quitta ses gentil

Pour aller leur quérir un peu de nourriture. — Il pouvait les quitter sans soucis ni n Abrités qu'ils étaient par la fraîche verdure. — Pourtant, quand il revint, de rudes bûcherons Abattaient l'olivier à la riche fouillée. , . Pour des hommes cruels que Boni <\e< oisillons Va li iments de leur mère affolée?. . . .

I ;vent éprouvé

Mais celle-ci n'avait pas encore com]

ce1 arbre abattu, ses branches dépouillé pouvait plus Bervir d'abri pou Alors, elle suivit, Bans Les perdre de vue, bûcherons | ortant le lourd morceau de ;

Kt bientôl elle vit leurs laides mains \vl:

Faire de l'olivier une pesante cr<>ix.

Puid une foule immense, av haine,

Charge de cette croix un Homme de Dou

II B'avance sanglant, el péniblement trait

irdeau trop pe8ant, vers les mêmes hauteurs

Où le petit oiseau les avait vus le prendre. Quelques femmes suivaient le cortège en pleurant. Le petit oiseau gris écoutait, sans comprendre, Ces hurlements affreux à des pleurs se mêlant ;

Et quand on eut atteint le haut de la montagne Cet Homme, sur la croix, fut cloué sans pitié .... Puis, lorsqu'il expira, sur toute la montagne, Et sur Jérusalem, et sur le monde entier, L'obscurité, soudain, tomba lourde et profonde. Le petit oiseau gris crut que c'était la nuit. . . . Pour dormir, sans souci de la foule qui gronde, Sur la tête du Christ, il se pose sans bruit ;

Et voici qu'un soldat arrive, et, d'une lance, Transperce méchamment le cœur de l' homme-Dieu. Epouvanté, l'oiseau vers le ciel noir s'élance ; Mais de gris qu'il était, paraît couleur de feu : Il a l'éclat brillant d'une vivante étoile, Qui laisse derrière elle un sillage de sang ; Tel un éclair, son vol coupe le sombre voile, Où, du regard, chacun le suit en frémissant. . . .

Or, c'est depuis ce temps qu'il est, dans le feuillage Des bois de l'univers, des oiseaux cramoisis : Avant la mort du Christ sur la croix, leur plumage, Bien loin d'être éclatant, était d'un terne gris. Un miracle s'est fait, s'il vous laisse sceptiques, Moi, je n'en doute pas, et crois avec ferveur, Que ces chantres ailés, aujourd'hui magnifiques, Ne sont devenus tels qu'au trépas du Sauveur.

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