LE SECRET DE LA CITERNE
Il y avait une légende concernant la vieille citerne. On disait dans le pays qu'elle avait été creusée, autrefois, par un méchant roi et qu'il y avait fait jeter la reine, femme. Les superstitieux prétendaient avoir vu, de leurs yeux vu, depuis quelque temps, et même fort souvent, une femme, assise sur le bord de la citerne abandonnée. Ce devait être la reine assassinée, qui revenait, disait-on.
Cette femme était fort belle, et sa longue chevelure la couvrait comme un manteau.
Par une belle matinée de printemps, Marie- Berthe et sa petite Bœur Julienne s'amusaient à jouer au cerceau. Or, jouer au cerceau, c'est fort amusant, mais ça peut conduire loin ....
Voilà donc ces deux petites, anii: r le jeu, qui
s'éloignent, qui s'éloignent sans trop s'en apercevoir. . . . Car, leur mère leur avait bien recommandé de ne pas partir en peur, comme elle disait en riant. Mais les enfants sont oublieux: et courant après leui 'aux, voilà nos deux
petites rendues dan- le boÎ8, en un lieu désert. Ce fut
Marie-Berthe qui b' aperçut la premii leur dé
Bance involontaire.
— "Ob! rois donc, Julienne, comme nous sommes loin de chez nous .... Que va dire maman ? . ■ . . "
— uJ'ai peur, dit Julienne, nous sommes en pleine t, et cet endroit est triste et al>andonné . . . . '!
— "Qu'est-ce que cela?. ..." Et Marie-Berthe moi du doigt un monument, duquel inconsciemment, i sont ragprochi
— u Je Bais, je sais . » est la vieille citerne <>ù la n
revient, dit-on. Viens-t-en, Julienne, j'ai peur, moi au-
11 Mais s'il y a une chose plus forte que la peur, c'est la curiosité. Et Julienne répondit" :
— "Allons voir, pendant que nous y sommes."
-"Allons, dit Marie-Berthe."
La citerne avait bien vingt pieds de circonférence ; elle était entourée de toutes sortes de plantes sauvages poussées jusqu'à hauteur d'homme.
Comment la chose se fit-elle ! . . .Marie-Berthe n'aurait pas su le dire, mais lorsqu'elle eut fait le tour de la citerne et qu'elle se décida à partir, elle ne put retrouver Julienne ! En vain appela-t-elle, et fit-elle dix fois le tour de la citerne, Julienne avait disparu comme par magie. Etait-elle tombée dans la citerne?. . . .Impossible : Marie- Berthe aurait entendu le bruit de la chute ou même un cri.... Alors, ?????
"Julienne? . . . Julienne ? . . . . chère petite sœur. Julienne, réponds-moi . . . . "
Ces appels, elle les fit penchée au-dessus de la citerne ; mais alors cent voix, mille voix semblaient répéter ses paroles. C'était affreux. . . et Marie-Berthe prise de frayeur, s'enfuit à toutes jambes.
Le désespoir de la mère de Julienne, en apprenant cette nouvelle, fut terrible. Sa petite Julienne chérie, disparue si mystérieusement ! . . . . Les recherches ne furent pas épargnées ; mais on eut beau battre le bois en tous sens, Julienne demeura introuvable. On prit le deuil pour la pauvre petite, et, certes on ne l'oublia pas. Marie- Berthe surtout, pensait continuellement à sa sœur.
Marie-Berthe pensait continuellement à sa sœur, et cherchait à s'expliquer sa mystérieuse disparition. Un soir, elle se rendit sur le lieu de l'accident. Elle pleurait en appelant Julienne.
Tout à coup, elle aperçoit une femme bux le
bord de la citerne. Des longs cheveux enveloppai épaules et eette femme chantait une espèce de mélodie plaintive. Quoiqu' effrayée, Marie-Berthe veulut savoir. . .
approcha tout près du cette femme, mais aumom de la toucher, L'apparition disparut, ou plutôt b' enfonça, dans la vieille citerne dont personne if avait jamais .-onde la profondeur.
La pauvre petite n'aurait pu dire vraiment comment elle revint chcz-elle ce soir-là. A moitié morte de peur, elle parvint à regagner son lit. Qu elle fit,
cette nuit-là, et quelle résolution elle prit, le lendemain, de ne jamais 1 r en ce lieu si étrangement habité ! Mais
-ou Vent prises pour être lâchées aussitôt .... Et Marie- Berthe retourna encore une fois à la citerne.
Elle y retourna, et son excursion, cette fois encore, fut remplie d'événements extraordinaire.-, car à peine euteile franchi L'enceinte du bois, «pie des cris désespérés parvinrent jusqu'à elle : "Au secours. Au secours ! . . . .
II était i:. n douter, ces cris partaient de
La citerne. .. Qu'allait faire Marie- Berth< Son premier mou : instinctif fut de se sauver ; mai.- vous l'ai- je dit
Marie- Berthe était brave? —
" Quelqu'un en d . se dit-elle ; je ne \
faire autrement que de port
•• J 'y. y. Et elle] rend
[ui conduit à La mystérieux
— Cl •) venir,
femme qui demandait a
Aide-moi à ; me retiennent pri.~unni<.
Alors, s' étant approchée plus près encore, Maric-Bcrthe reconnut la femme de l'autre soir, celle qui chantait sur le bord de la citerne, et dont les cheveux blonds et soyeux ressemblaient à un manteau d'or.
1 • Je vous ai vue, madame, plonger dans la citerne, et voilà que je vous retrouve vivante, bien vivante. ..."
" Regarde-moi bien, petite, et tu comprendras."
Et Marie-Berthe comprit, en efïet, car elle vit une tête de femme. . . . mais un corps de poisson. . . .
— " Une sirène ! . . . une sirène," s'écria Marie-Berthe, un peu effrayée tout de même, "ah, je comprends tout ! "
— '* J'ai voulu cueillir quelques fleurs pour orner mes cheveux, ' ' expliqua la sirène, " et je me suis aventurée trop loin. Aide-moi à regagner la citerne et tu ne le regretteras pas ; je te reconnais : tu es la petite sœur de Julienne . . . . "
— ''Madame, le savez- vous ce qu'est devenue ma petite sœur? "
" Oui, et jeté le jure, tu la presseras sur ton cœur, ce soir même, si tu veux m' aider à regagner la citerne."
— "Julienne est donc vivante ? . . . .
Oui, nous la gardons prisonnière dans la citerne.
Aussitôt parvenue sur ses bords je commanderai aux sirènes mes sœurs, et elles rendront à Julienne sa liberté. Tu peux te fier à moi. ' '
Et Marie-Berthe, qui n'avait jamais menti de sa vie, se fia à la sirène. —
Elle fit bien, ear parvenue au bord de la citerne, la sirène d'une voix douce comme une plainte chanta :
11 Venez, venez, chères sirènes, Venez, sany perdre un seul moment, . De cet enfant calmer la peine ; Rendons-lui sa sœur à l'instant."
Aussitôt, les eaux endormies de la citerne B'agitèrent dans la pénombre, Marie-Berthe put voir Lies
Birènep, I b plus belles qu'on puisse imaginer. E tan-
at en chœur :
3ana plua tarder, nous voulons rendre petite que tu pleur; ta peine nous fait comprendre Qu'elle sera mieux dan . — "
Aux derniers chant. fran-
chirent le bord de la citerne j et Marie-Berthe vit qu'elles
portaient dans, leurs bras >a chère petite B03UT Julienne.
"Marie-Berthe, Marie-Berthe,' J s'écria la pauvre mignonne, " quel -bonheur de te revoirl"
Marie-Berthe, quoique folle de joie, ne dit mot: une horrible peur l'avait saisie. Julienne était-elle devenue ue, elle aussi ?.... car sa voix avait pris l'accent plaintif des sirèm
Mais, raS8Urez-VOUS, Julienne n'était pas devenue ne ; ce fut sur deux fermes petites jambes qu'elle retourna chez elle.
inerla joie de la maman, en voyant revenir sa petite fille adorée, qu'elle avait crue à jam Lue.
Il y eut grande i< te pour célébrer Le retour de Julienne. Marie-Berthe en eut Ba Large part, puisque par ea bravoure, elle avait deli. : découvert en même tempe
de la citerne.
ÎJù? ftl b'av ht la ÎUr-rgr.
1 • mort du Christ, ce fut dan- le Cénacl Loin « 1 i . - et prèa du Taberna
Que la 1 t voulut tirer :
Av le, elle alla d r.
Pour elle, chaque jour, d 1/ A j -• • brait le divin -
Au-; r, quotidiennement,
Ma : l< în< il» ment
utel -ans ornement, .. -
J l isolait !•' doux cœur de la Et Madeleine offrit le Beul d Qui lui restât encor, son voile ' ande jours Pour la première fois, la M< Sourit. . . . Elle drapa l'étoffe immaculi Autour du Tabernacle — " Ah ! o mieux ainsi
Dans l'ombre et le silence, Il ; Merci !
oile uni. d'étoffe maguifiqu Que ne puis-je broder un dessin Byml A (. rêve ; renoncer, car, i nfi
Il me faudrait avoir le fil d'or le plus fin .... Alors, sur ioux de la Vil
Madeleine étendit un
chevelure . ... et t.
Elle en faisait homrfj - m divin Amant.
ÀV( i le fil d'or tin. SOU] C, Unîqi
La \ tique,
ce fut plu vaut 1" .'
'«•ut li< .i ;
I quoiqu' in visible,
lonl ne. ...
II .-oui il prenant renoncement, lu ta divine main la bénit tendrement