LE FIL D'OR DE LA VIERGE
Après la mort du Christ, ce fut dans le Cénacle, Loin des regards de tous et près du Tabernacle, Que la Mère de Dieu voulut se retirer ;
Avec Jean, le disciple, elle alla demeurer,
Pour elle, chaque jour, dans le saint édifice, L’Apôtre célébrait le divin Sacrifice,
Auquel, sans y manger, quoditiennement, Madeleine assistait dévotieusement,
L’autel sans ornement, sans fleur, sans broderie, Désolait le doux cœur de Ja Vierge-Marie , .,
Et Maceleine offrit le seul de ses atours
Qui lui restât encor, son voile des grands jours !
Pour la première fois, la Mère désolée
Sourit... Elle drapa l’étoffe immaculée
Autour du Tabernacle—‘ Ah !”’ c’est bien mieux ainsi. , Dans l'ombre et le silence, Il règnere. Merci !
Mais sur ce voile uni, d’étoffe magnifique,
Que ne puis-je broder un dessin symbolique! .,, A ce rèêva je dois renoncer, car, enfin,
Il me faudrait avoir le fil d’or le plus fin..,, Alors, sur les genoux de la Vierge éplorée, Madeleine étendit une toison dorée ;
C'était sa chevelure . , . et généreusement, Elleien faisait hommage à son divin Amant,
Avec le fil d’or fin, souple, soÿeux, unique, La Vierge décora le voile-eucharistique, Or, ce fut plusieurs jours avant l’Ascension
Qu'’eit lieu cet incident dont je fais mention Jésus, quoiqu’invisible, avait vu Madeleine
Ei les cheveux dorés dont ga main était pleine. ... Il sourit, comprenant ce grand renoncement,
Et sa divine main la bénit tendrement.