‹ Contes et nouvelles de La FontaineChapitre 112 sur 144 · LE REMÈDE · texte numérisé non relu

LE REMÈDE

Chose facile autant que naturelle.

L'émotion lui tourna la cervelle; Elle se cache elle-même , et tout has Dit en deux mots quel est son embarras, L'amant fut sage ; il présenta pour elle Ce que Brunel à Marphise montra ' .

La gouvernante ayant mis ses lunettes, Sur le galant son adresse éprouva ; Du bain interne elle le régala, Puis dit adieu, puis après s'en alla.

Dieu la conduise, et toutes celles-là Qui vont nuisant aux amitiés secrètes ! Si tout ceci passoit pour des sornettes (Comme il se peut, je n'en voudrois jurer) , On chercheroit de quoi me censurer.

Les critiqucurs sont un peuple sévère ; Ils me diront : a Votre belle en sortit En fille sotte et n'ayant point d'esprit : Vous lui donnez un autre caractère ; Cela nous rend suspecte cette affaire ; Nous avons lieu d'en douter; auquel cas Votre prologue ici ne convient pas. »

Je répondrai... Mais que sert de répondre? C'est un procès qui n'auroit point de fin : Par cent raisons j'aurois beau les confondre; Cicéron même y perdroit son latin.

Il me suffit de n'avoir, en l'ouvrage, Rien avancé qu'après des gens de foi : J'ai mes garants: que veut-on davantage? Chacun ne peut en dire autant que moi.

1 Allusion à un passage do YOrlando ïnnamorato (lib. II, canlo xi) , dans lequel Brunel lourne le dos à Marphise i E squadernava (intendetc mi bene) Con riverenzia il fondo de le rené.

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