‹ Contes et nouvelles de La FontaineChapitre 120 sur 144 · VIII. LES QUIPROQUOS · texte numérisé non relu

VIII. LES QUIPROQUOS

Dame Fortune aime souvent à rire, Et , nous jouant un tour de son métier, Au lieu des biens où notre cœur aspire , D'un quiproquo se plaît à nous payer.

Ce sont ses jeux : j'en parle ajuste cause : Il m'en souvient ainsi qu'au premier jour. Chloris et moi, nous nous aimions d'amour : Au bout d'un an , la belle se dispose Ame donner quelque soulagement, Foible et léger, à parler franchement ; C'étoit son but; mais, quoi qu'on se propose, L'occasion et le discret amant Sont à la fin les maîtres de la chose. Je vais, un soir, chez cet objet charmant : L'époux étoit aux champs heureusement; Mais il revint , la nuit à peine close. Point de Chloris ! Le dédommagement Fut que le sort en sa place suppose Une soubrette , à mon commandement :

Elle paya cette fois pour la dame.

1 Ce conte a été publié pour la première fois, en 1696, dans les OEnvres posthumes de La Fontaine; mais Walckenaer l'a réimprimé sur le texte d'un manuscrit du temps, plus correct que cette édition : c'est ce texte que nous suivons. Le conte des Quiproquos est tiré de f Heptameron , de la Reine de Navarre, nouv. vin, ou des Cent Nouvelles nouvelles, nouv. îx, ou d'un ancien fabliau, le Meunier d'Aleus, etc.

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