CONTES ATTRIBFES A LA FONTAINE
Je n'aurons pas besoin de vos vilains onguents. Votre femme a pensé nous faire mourir d'aise, Quatre ou cinq fois; elle est, morgue, toute amiquié. a De dépit, le cornard alloit assommer Biaise, Mais le gaillard leva le pié.
Que d'hommes sont coeus d'un rustre, d'un Nicaise! Mais qu'importe de qui, dès le moment qu'on l'est ! Au cocuage encor je n'ai point d'intérêt.
Que j'y vienne, voici ma thèse :
Que le sot en murmure et le sage se taise ' !
Le médecin , de retour au logis ,
Fit, dit-on, d'effroyables bruits.
Les voisins surent l'aventure, Et maint conte fut fait au sujet de l'enflure.
Vous qui tremblez pour votre front, Maris jaloux, cessez de tourmenter vos âmes : Que vous importe tant que l'on aime vos femmes?
Un mal commun n'est pas affront.
1 Ce vers exprime la même pensée que ces deux vers bien connus du drame de la Femme jalouse , par Desforges : Le bruit est pour le fat , l'éclat est pour le sot ; L'honnête homme trompé s'éloigne et ne dit mot.