‹ Contes et nouvelles de La FontaineChapitre 23 sur 144 · CONTE TIRÉ DES CENT NOUVELLES NOUVELLES · texte numérisé non relu

CONTE TIRÉ DES CENT NOUVELLES NOUVELLES

Messire Artus, sous le grand roi François 2,

Alla servir aux guerres d'Italie 3 ,

Tant, qu'il se vit, après maints beaux exploits,

Fait chevalier en grand' cérémonie.

Son général lui chaussa l'éperon;

Dont4 il croyoit que le plus haut baron

Ne lui dût plus contester le passage.

Si 5 s'en revint, tout fier, à son village,

Où ne surprit sa femme en oraison.

Seule il l'avoit laissée à la maison;

Il la retrouve en bonne compagnie ,

Dansant, sautant, menant joyeuse vie,

Et des muguets avec elle à foison.

Messire Artus ne prit goût à l'affaire ; Et, ruminant sur ce qu'il devoit faire : « Depuis que j'ai mon village quitté , Si j'étois crû, dit-il, en dignité De cocuage et de chevalerie !

C'est moitié trop. Sachons la vérité» i> Pour ce s'avise, un jour de confrérie, De se vêtir en prêtre , et confesser.

1 Nouv. lxxviii, avec le même titre. Mais ce conte se retrouve , avec des circonstances différentes , il est vrai , dans Boccace, Decamerone, giornata vu, novella 5.

2 Édition de 1668 :

Messire Artus -, dessous le roi François. C'est François Ier dont il s'agit.

:i Manuscrits de Gonrart :

S'en fut servir aut guêtres d'Italie.

* D'où, dans l'acception du mot latin unde. — 5 Ainsi, Sic.

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