‹ Contes et nouvelles (volume 2)Chapitre 10 sur 37 · GENEVE · texte numérisé non relu

GENEVE

' Nous avons parlé ailleurs * de l'importance des lectures faites en commun dans les familles, de la difficulté que présentait le choix des livres et du motif qui nous faisait essayer des publications destinées aux soirées intimes. L'accueil fait par le public à notre premier volume (dont la seconde édition sera bientôt épuisée) nous encourage à continuer Tœuvre commencée. Le foyer n'est point le seul lieu de réunion domestique, et nous espérons que ceux qui ont bien voulu écouter nos anciens récits au coin du feu, ne refuseront pas d'entendre les nouveaux, sous la tonnelle.

Puissent-ils occuper quelques-unes de ces belles soirées d'automne où la famille, rassemblée à Tombre des vignes rougissantes et des clématites à demi défleuries,

• Voyez la Préface de : au coin du feu.

jouit silencieusement des dernières largesses de la création ! Les douces leçons données par la voix de la fantaisie sont mieux écoutées dans les lueurs de ces beaux soleils mourants, parmi les parfums vivifiants des fleurs tardives et aux chants des oiseaux voyageurs passant par volées dans le ciel. Arrivé au terme des beaux jours, on se recueille, on savoure avec plus d'attention les sensations charmantes qui vont finir ; on trouve au fond de soi-même cette disposition attendrie dans laquelle jette l'heure des adieux, et Tame, vaguement émue, s'ouvre sans résistance aux enseignements du conteur.

Ces enseignements n'ont aucune prétention à la nouveauté; ils répètent, sous d'autres formes, ceux que la sagesse des siècles a déjà proclamés mille fois. Quoi qu'on en ait pu dire^ nous ne croyons pas que les grandes lois de la morale soient changeantes et soumises à des découvertes successives, comme les procédés industriels. Etablies de toute éternité par Dieu, révélées à l'homme pour la conservation de son âme, de la même manière que les grandes lois physiques pour la conservation de son corps, éclairées d'une suprême lumière par le christianisme, elles peuvent être mieux comprises, mais non changées; et, au total, la grande morale que le Créateur a du écrire dans toutes les consciences, parce qu'il en a fait une condition de la vie humaine et do Texistence des sociétés, restera toujours la même j)Our les plus

luimblos intelligencos et pour les pins sublimes penseurs.

Ces récils n'apportent donc aucune nouvelle règle pour Telre de bonne foi et de bonne volonté ; ils tachent seulement de lui rappeler ce qui est vrai et ce qui est bon ! Ce sont de modestes voix qui avertissent, mais trop dépourvues d'éclat pour être entendues ailleurs que dans le calme des cercles de famille.

sous LA TONNELLE

niEMIER RÉCIT.

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