LA PRINCESSE DE BELGIOJOSO
nuit. Après chaque bouffée de tabac, madame de Belgiojoso puisait avec une petite pince d'argent dans une coupe de vermeil, où gisait une orange déchiquetée en imperceptibles morceaux.
Son dernier voyage en Italie et les guerres où elle s'est trouvée , ont été pour les journaux le thème de mille et un récits excentriques ^ renouvelés en partie des poèmes de TArioste. Bradamante nouvelle, un drapeau à la main, dans l'autre une épée nue, ils l'ont représentée à cheval, guidant au combat une légion de volontaires. Demandez plutôt à M. Angelo- Pier Fiorentino, qui afllnne lui avoir tenu l'étrier sur la grande place de Milan.
Mais pourquoi madame Christine n^écrirait-elle pas elle-même ses campagnes? Qui mieux qu'elle pourrait teindre de flamme et de sang ce fier chapitre de l'insurrection italienne? La plume qui a écrit les violences du moine Savonarole saurait encore cracher la colère et l'amour de la liberté au &ont du despotisme. L'histoire écrite entre deux coups de fusil est surtout de l'histoire étemelle.
Nous arrêterons lace simple profil d'une femme illustre par sa beauté, par son courage et par son talent, — et qui est à la fois, comme on l'a dit quelque part, une femme politique, une grande dame et un homme de lettres.
€5-gît M. de Jouy.
J'ai toujours eu un grand respect pouf les gfogn«h& littéraires; — et, si Ton yeut bien m'oitendrè, je (lh*ai aussi que la poésie de l'Empire a été souvent ealomniéè dans ces derniers temps, et que ce n'est pas tout à fait celte pauyre femme en douillette cendrée qtf on a es^ sayé de nous faire voir. J'en suis fàdté pouf ceux <pA ne oonnaissent que les poésîeis ossiaM^es de Bmm^ Lormian et les romans de Pigault-Lebruâ) — t^ lw«âme de lettres de TEmpire qui écrivait sur une sdiabra* que. Mais je sais d'autres noms et d'autres Hvf<^ glorieux et respectables^ ceux de Gh&teaubriM4y p»
iS M. DE JOUT.
exemple, de Nodier et de madame de Staël, qui m'ont toujours fait penser qu'une semblable époque, — une époque de vingt ans, — ne méritait pas la raillerie et le dédain avec lesquels la plupart de nos critiques ont rhabitude de la saluer.
Il en est bien peu de ceux-là qui n'aient à se reprocher un bon mot sur M. Jouy, — une épigramme sur M. Jay, — une plaisanterie sur M. Amault. On ferait un volume d'un tel recueil , et ce recueil pourrait être intitulé sans inconvénient la Cravate blanche littéraire.
Laissons dire. Celui de qui je veux parler aujourd'hui valait bien les trois quarts de nos écrivains d'à-présent, je vous l'atteste. Ses vaudevilles étaient tout aussi spirituels que les nôtres, ses tragédies tout aussi froides, ses livrets tout aussi ridicules. Seulement c'était un autre ridicule, une autre froideur et un autre esprit. La pensée et le style ont leurs modes, comme on sait, et ces modes ont leur Longchamps. La phrase se taille comme un habit, tantôt courte et tantôt longue, hier en veste et demain en redingote. Lahttérature d'alors portait un carrick, celle d'aujourd'hui porte un paletot.
Ne nous moquons pas du carrick de M. de Jouy. Le carrick est un bon et honnête vêtement, très-ample et très-chaud. Et personne mieux que M. de Jouy ne savait porter le carrick. C'était un homme charmant en société, un oracle de goût, un modèle de galanterie, l'homme de son style en un mot. Sa plume avait des précautions inimaginables. Je dis précautions et non déUcatesses, parce que la délicatesse même était dangereuse dans ce temps de censure irritée; ce qui rendait le métier d'écrivain fort difficile. Au régime des
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suspects politiques avait succédé le régime des suspects littéraires. On arrêtait, pour un hémistiche, les tragédies de Lemercier et les comédies d'Etienne. M. de Jouy ftit à peu près le seul homme à succès de PEmpire. Il est vrai que l'empereur ne Ta jamais regardé comme un idéologue.
Je compare M. de Jouy à Marmontel, — le Zémire et Azor de la littérature.
Donnez un habit pailleté à M. de Jouy et vous aurez Marmontel. Jetez un carrick sur les épaules de Marmontel et vous verrez M. de Jouy. C'est absolument la même façon de dire, de voir, de sentir. C'est le même bonheur dans le même talent. Je vais plus loin, ce sont les mêmes ouvrages. — Comme Marmontel, M. de Jouy a fait des tragédies, des opéras et des romans. C'est la même plume qui a écrit le Zirphile de Fun et la Guirlande de l'autre ; c'est la même pensée qui a dicté Fernand Cortez et les Incas. Marmontel a fait les Contes morauXy M. de Jouy a fait VErmite de la Chaussée" d'Antin. Tous les deux enfin ont mis au monde im Bélisaire. — Trouvez-moi l'exemple d'une plus frappante analogie.
Il y a comme cela un homme qui se perpétue à travers tous les siècles,— un beau masque, je teconnais qui revient tous les cinquante ans avec un habit neuf, — un même académicien qui occupe sans cesse le même fauteuil, — un auteur qui n'est éternellement occupé qu'à se dédoubler et à se tirer à plusieurs exemplaires. Au dix-septième siècle, ce personnage s'appelait Quinault, au dix-huitième Marmontel, au dk-neuvième M. de Jouy. Chacun d'eux n'a jamais été que l'édition
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revue et corrigée de «on préctéoesseur^ Otmrez le volume : il n'y a de changé que la rdinre; hier en maa, aujourd'hui en n^a*oquin. Barbin et P&ncfcotd&e rempla* ces par Didot. Quant au texte, c'est toujoors le môme, atec celte différence seulement que TauMsau royal d'Asârate est devenu l'aspic de Ci^opdfr^j-^qiri luimême est devenu la perruque de Sj/0a.
Ce fut une perruque qui ût la réputation de M. de Jooy. — Mais qui n'a pas eu sa perruqm, au temps ùix nous sommes? La perruque (te Liszt, û'est>«e pas un peu son sabre d'honneur? La perruque de George Saod, n'est-ce pas un peu son pantalon? — Cfaercbea bien au fond de toutes nos céM)rités« Yom y trouverez um perruque.
Seulement, la perruque de M. de Jouy était une perruque véritable, t'était la perruque de Talma ; — à peine deux ou trois mèches qui, tombant plates et noires sur le front du comédien, lui donnaient une vague ressemblance avec l'empereur. Rien qu'avec cette perruque, M. de Jouy et Talma ont épouvanté tout Paris.
Il est vrai que c'était la première fois qu'on osait rappeler cette grande figure. A cette époque, l'empereur était encore chose neuve et soudahie. M. de Jouy eut la gloire d'être le premier à déshabiller cette ombre auguste, et son exemple ne larda pas à être suivi de toutes parts. Ses cheveux avaient fait une réputation à un académicien, — un théâtre fit une fortune avec sa capote, — un prétendant fit une révolution avec son petit chapeau.
M. de Jouy a surtout été un homme — et un talent
M. Z>£ iOlTï. ib
— de circoiistaace. U fut tour à tour Id smd et le pre- Tmer, deux graudg mérites. Le seul prudent sous l'empire, le premier bardi sous la restauration. Il a cultivé tour à tour Tà-propos innocent dans le tableau des SaUnese^ Tij^^oSoëbyet rà-p*opos séditieux dans Misaire et SyUa. Et quand il n'y eut plus hommes ni choses à expUÂter, il en vint à se mettre lui-même en exj^oir tation, lui et son succès. De même qu'avec une bou^ teille d'eau de Cologne il y a des gens qm (mt l'art de faire quinze bouteilles d'eau de Cologne, de même M. de Jouy trouva le secret de faire quinze Ermites avec son premier Ermite : a Ermite, bon ermite, i» comme dit la chanson. — Cette littérature en cagoule dum assez longtemps, puis on finit par s'en lasser et par la trouver fade. (^ s'attendait vainement à voir frétiller la queue du diable sous la robe du eapudn; la robe ne laissait rien passer. Saint Antoine n'eut pas de tentation.
Je me suis toujours étonné que la vie de M. de Jouy n'ait pas réagi davantage sur ses écrits. — C'était bien la peine d'avoir quitté la France à treize ans, d'avoir traversé les mers, d'avoir vu les Indes, Ghandemagor j d'avoir été lieutenant, capitaine; puis d'être revenu, d'avoir eu sa tête à prix, de s'être mis en voyage une seconde fois, de s'^re promené au bord du lac de Genève, en Belgique, en Hoiiande, en Italie, — et cela, pour en rapporter YErmte de la GhcmsBée d* Antin^ tout simplement. Il est vrai que tant d'autres écrivent sur l'Inde, la Suisse, la Belgique, la Hollande et l'Italie, qui n'ont jamais mis le pied hors du Palais national.
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Il fût le premier feuilletonniste de genre de ce tempslà. n retroussa ses manchettes, comme faisait le comte deBuffon, et se prit à nous raconter en petits tableaux anodins les mœurs et la société auxquelles il avait rhonneur d'appartenir. Pour cela, il s'y prit le plus galamment et le plus discrètement possible, frappant toujours à la porte avant d'entrer, et criant à la jolie femme par le trou de la serrure: — «Madame, ayez l'obligeance de vous vêtir, je viens vous peindre en déshabillé. »
Ce fut ainsi qu'il pénétra dans l'étude du notaire et dans le boudoir de l'actrice, dans le cabinet du magistrat et dans l'atelier de la grisette, partout, en un mot, où il y a une patte de lièvre à gratter ou un bouton à tourner longuement. Puis, ime fois entré, il plaça son chevalet dans le jour le plus favorable, choisit ses couleurs les plus flatteuses, pria son modèle de prendre la pose qui lui seyait le mieux, — et fit alors ce musée officiel que nous savons, et dont les premiers portraits eurent un si grand retentissement.
Mais partout où il n'y eut pas moyen de se faire annoncer, ou même de frapper, — c'est-à-dire là où la porte demeure toujours ouverte,— M. de Jouyreculadédaigneusement, en se disant que son ton et son bel esprit n'avaient rien à faire en tel lieu. Il préféra laisser sa galerie incomplète, plutôt que de la compléter avec de grossières peint^lres de guinguettes et de cabarets. En descendant les marches qui vont à ces caveaux, peutêtre se fût-il exposé à rencontrer quelqu'un de ces ivrognes, comme Hoffmann l'allemand, par exemple, — fit qu'eussent dit, je vous le demande, ses élégantes
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en turban à plumes et ses muscadins en chapeau de paille de rizî
Je répète pourtant que cela n'empêche pas M. de Jouy d'être un homme de beaucoup d'esprit. Il a eu l'esprit du succès. Il venait après Rétif de la Bretonne, ce charbonnier de mœurs, et il a suffisamment expié les Contemporaines et les Nuits de Paris. Il a eu de l'élégance, de la finesse, de l'observation, du tact, alors que c'était chose presque nouvelle. Brossez et faites retoucher un peu ses toiles, et il vous restera d'agréables cadres ' d*antichambre, dont il ne faut pas trop faire fl.
M. de Jouy était né académicien. — Il fallait avoir fait bien peu de chose pour ne pas mériter un fauteui là cette époque. Le pas même académicien de Piron n'était plus possible, et le^ immortels n'étaient point encore tourmentés par cet essaim de moustiques éclos dans les ruches nouvelles du journalisme. Ils marchaient fièrement dans leur force et dans leur liberté, comme VOtheUo de leur camarade Ducis. Ils étaient eux-mêmes leurs critiques et leurs courtisans. Jamais l'Académie ne fut environnée de tant de majesté sereine. Jamais cette bonne personne, comme l'appelait Voltaire, ne parla tant d'elle-même que lorsqu'il n'y eut plus personne pour en parler.
On lui donna le fauteuil de Pamy, — celui-là qui se roulait sur un Ut de roses, et rimait chaque matin les baisers de la veille. Un poëte trop impie cependant pour être bien amoureux, et un drôle d'académicien à vrai dire : un marquis en habit de berger, qui avait crayonné douze chants de blasphèmes en se jouant, — la Guerre des Dieux ^ — que vous vous rappelez peut-
êlre pour Tavoir lue avec un souriant elfroî. C^Ml te seul fauteuil vacant, et M. de Jouy n'eut gst&e de H refuser.
Je m'aperçois que je laisse de côté les dates. Pour pen que vous y teniez cependant, je vons appreirilf&i qtié M. de Jouy a vécu soixante-dix-sept ans, et qu'il est aé dans la vallée de Bièvre.
Douce vallée de Bièvre! — Il n'a jamais peirda de vue ses ft*ais onibrages, ses gascms verts ^ ses trou* peaux blancs. Même dans l'Inde, en France, au pies fort de la terreur, en Suisse, en Belgique, en Itafie, M- de Jouy est toujours resté l'homme de la vallée^ lièvre. Le &e(m du consulat et de l'empire, Yermite, le comsewr^ le framc-parleur n*a jamais pu déponëler entièrement te villageois de Seine-et-Oise, — bon et naïf villageois, avec du bon sens et de l'esprit ttùUy te coq de son village et aussi des grandes villes!
Il se perdit pourtant par la politique. G*est là le md. —Il avait fait des vaudevilles pleins de Sèl et de <^tefnbours, des opéras tout brillants de feux de fiengale, des romans palpitnnts d'actuoMU^ des tragédies jouées parTalma. Il se dit que la politique tf était qu'use autm espèce d'opéra et de tragédie, etquelepremîep-PAife se traitait absolument comme le couplet de fttcture* Parée qu'il avait coiflé un comédien d'une permqcwde sa feçon et que le public s'était mis à tremHerdèveait cette perruque, M. de Jouy voulut confectionnerdes toupelË en grand et en coiffer non plus tes cutiaécfieûs dil Théâtrç-Français, mais les comédiens de^ Ttiiterte», cette fois.
11 entra donc dans le Courrier /V'awçaft comme il se-
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rait entré dans le vestibule de l'Académie royale de Muâque. L^ermite jeta le froc aux orties, ou plutôt il se fit ermite politique pour sa dernière métamorphose. Il regarda rafflche de ce jour-Jà, et, comme on donnait le q^tade de l'opposition libérale (première représentation), il se dirigea, non plus vers la salle, mais dans les coulisses, où il demanda un casque et une épée de comparse, en chantant de toute la force de ses poumons ce que Duprez devait chanter plus tard : AmiSy seconde t ma vaiUcmce !
Un jour, il rencontra Benjamin Constant qui lui rit au nés. — M. de Jouy failUt se fâcher , et lui demandasérieusement si ce nouveau costume ne lui allait pas aussi bien qu'à tout autre. Et, à ce sujet, il le pria d'écouter un instant ce petit morceau d'éloquence sur les affaires intérieures, et puis cet autre aussi sur nos relations avec le cabinet de Londres. Et quand JM. de Jouy eut fini, il n'attendit pas que Benjamin Ck)nstant lui eut répondu pour lui dire son avis, il s'en alla tout droit faire imprimer ses deux articles. — Ces poètes sont tous ainsi. Il leur faut absolument la politique poiu* baisser de rideau.
M. de Jouy fut un des derniers voltairiens, —un voltairien paisible et inoffensif toutefois, le Voltaire du Temple du Goût et celui de la tragédie de Tcmcrède, un Voltaire fort présentable, comme vous voyez, et qui n'a jamfids eu maille à partir avec les lettres de cachet, — ce qui ne l'empêcha pas d'être un enragé de modéré, lui aus»i, en ce sens que nul n'est resté plus tenace dans son principe, plus ardent dans sa conviction, plus ferme dans son chemin. Je parle du Jouy littérsûre. —
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Le Jouy politique, c'est autre chose. Une croix de Saint- Louis qu'on lui refusa le détourna brusquement de sa route. Le Jouy littéraire avait eu toutes les croix de Saint-Louis qu'il avait désirées.
Avec lui s'en sont allées les dernières traces de cette école de l'esprit sans poésie, et de la poésie sans enthousiasme. — Le beau hussard de l'Empire, qui avait été l'élégant marquis du dix-huitième siècle, tombe sur le champ de bataille, la poitrine froide sous son échelle de galons. Et Ton s'aperçoit en ce moment qu'il n'est point mort d'un boulet ou d'un coup de sabre, ainsi qu'on le pensait, mais tout vulgairement d'un anévrisme et comme le premier poitrinaire venu. Il n'a pas été tué, il s'est éteint. Seulement il s'est éteint au champ d'honneur, et sa mort a eu tout le prestige d'une mort militaire.
Telle est l'histoire du grand duel de 4830. — L'école de Voltaire tomba dans la fosse avant d'y être poussée. Jusqu'au dernier moment, elle eut encore l'art de dissimuler son agonie, démettre du fard sous ses rides et de faire de son râle une tirade solennelle. Le jour de sa mort, elle mit sa cravate la plus blanche, son bas de soie le plus fin, son habit le plus académique, et elle se rendit sur le terrain, appuyé simplement au bras d'im vieux valet de chambre. Là. elle regarda Theure qu'il était à sa montre, et, sentant qu'il lui restait encore quelques minutes de bravade, elle les employa à tirer lentement ses gants et à se boutonner jusqu'au menton d'un air héroïque. Puis, elle se mit en garde, et, après avoir croisé le fer, elle s'affaissa tout à coup en portant la main à son cœur et s'écriant : — Touché...
Mensonge ! — L'école de Voltaire est morte de sa belle mort, et sans avoir eu besoin de personne pour l'y aider. Elle est morte de vieillesse, et pas autrement ; parce qu'elle avait vécu sa vie pleine et entière, et qu'il était temps de mourir. — Une belle vie, rapide, bruyante, féconde, et qui fait qu'il lui sera beaucoup pardonné, parce que son exemple aura beaucoup profité.
Ses derniers disciples, — en tête M. de Jouy, — l'assistèrent pieusement jusqu'à la fin. Ils reculèrent autant que possible l'instant fatal, et escarmouchèrent autour d'elle avec une présence d'esprit et un semblant de sécurité vraiment remarquables. Â peine si l'on compte une défection dans cet autre Waterloo,— celle de M. Soumet, un Bourmont littéraire. On eut dit qu'ils avaient encore cent ans à vivre, tant leur riposte était allègre et leur coup de feu décisif. L'opinion publique en fut ébranlée plus d'une fois et n'en assista que plus curieusement à ce dernier acte de tragi-comédie.
M. de Jouy S'est beaucoup moqué de nous dans ces derniers temps-là. — Il a eu quelquefois raison. Il préférait toujours son carrick à nos surcots moyen âge, à nos manteaux espagnols, à nos robes dantesques, à nos ailes mystiques de séraphin, — voire même à la feuille de vigne de la Morgue, où il nous a si souvent reproché d'aller quérir nos héros. M. de Jouy nous a longuement poursuivis de ce mot terrible. Il a vaillamment combattu Tessor du romantisme, il s'est opposé de toutes ses forces à l'invasion des barbares; — puis, enfin, quand le torrent révolutionnaire s'est épandu par toutes les digues débordées, il s'est sauvé de Paris,
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comme le soldat des Thermopyles, et il ne s'est arrêté qu'à Saint-Germain, où il est mort dans ses œuTres cornistes, — vingtrquatre volumes in^xîtavo* Gi-gliM. de Jouy.
M. Clément Ohragve), dans la Bevuê nowoeUe, et M. Aogiiste l^ta, dans k) Mewigw 4e fA$$9mblée^ ont tra«é de Tires CHttiases de 11, ée hxsf. Il faut les consulter.
Mais le seul aateur qui paisse écrire avec certitude la yie de M. de Jouy, — et qui, par cela même, ne Pa pas encore écrite, — c'est le BaHdenx M. Philarète Cbasles. li a été longtemps le secrétaire de Tauteiir de b Vestale , et il sait les plus ravissantes anecdotes sur cet avant-dernier ToltanrieB.