‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 1 sur 93 · Contes et nouvelles en vers · texte numérisé non relu

Contes et nouvelles en vers

O I C I les derniers Ouvrages de eètte nutw~ qui partiront des mains de l'Auteur * 6* par conféquent la derniere oçcajion de juJUfier fis hardiejfes & les licences quil s'efl données » Nous ne parlons point des mauvaifis rimes y des Vers qui enjambent , des deux voyelles fans èlifion , ni en général de ces fortes de négligent ces qu'il ne fi pardonnetoit pas lui^mêmz en un autre genre de Poéfie ; mais qui font injépara blés , pour aitiji dire , de celui-ci . Le trop grand foin de les éviter jetteroit un faifiur de Contes en de longs détours $ en des récits aujjt froids que beaux , en des contraintes fort inutiles , & lui feroit négliger le plaifir du cœur , pour travailler à la fatisfaclion de l'oreille , Il faut laifjer les narrations étudiées pour les grands fujets 5 & ne pas faire Un Poème épique des aventures Tome II, a

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de Renaud d' Afl. Quand celui qui a rimé ces Nouvelles y auroit apporté tout le foin & Ve xaclitude quon lui demande ; outre que ce foin s y remarqueront , d'autant plus quil cf moins nécejjaire , & que cela contrevient aux préceptes de Quintilien ; encore V Auteur n'auroit-il pas fatisjait au principal point 9 qui efl d'attacher le Lecleur 9 de le réjouir , d'attirer malgré lui fon attention , de lui plaire enfin . Car , comme Von fçait , le fecret de plaire ne confifie pas toujours en Vajufiement , ni même en la régularité . Il faut du piquant & de V agréable 9 fi Von veut toucher . Combien voyons-nous de ces beautés régulières qui ne touchent point ^ & dont perfonne n'efi amoureux ? Nous ne voulons pas ôter aux modernes la louange qu'ils ont méritée . Le beau tour de vers , le beau langage , lajufi tej Je 9 les bonnes rimes font des perfeclions en un Poète : cependant que Von confédéré quelques-unes de nos Epigrammes 9 où tout cela fe rencontre ; peut-être y trouvera-t-on beaucoup moins de fel , j'oferois dire encore 9 bien moins de grâces , qu'en celles de Marot & de S . Gelais ; quoique les ouvrages de ces derniers foient pref-

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que tous pleins de ces mêmes fautes quon nous impute. On dira que ce net oient pas des fautes en leur fiecle , & que cen font de très-grandes au nôtre. A cela nous répondons par un même raifonnement ? & difons , comme nous avons déjà dit , que cen feroit en ejfet dans un autre genre de poéfie , mais que ce rien font point dans celui-ci . Feu M. de V Mure en ejl le garant. Il ne faut que lire ceux defes ouvrages , ou il fait revivre le c ar acier e de Marot : car notre Auteur ne prétend pas que la gloire lui en foit due , ni quil ait mérité non plus de grands applaudiffe mens du Public , pour avoir rimé quelques Contes. Il s* ejl véritablement engagé dans une carrière toute nouvelle , & Va fournie le mieux quil a pu ; prenant tantôt un chemin , tantôt Vautre, & marchant toujours plus affurément , quand il a fuivi la maniéré de nos vieux Poètes , Quorum in hac re imitari negligentiam exoptat , potius quàm iftorum diligentiam. Mais en difant que nous voulons pajjer ce point-là , nous nous fommes infenjiblement engagés à V examiner , & peut-être ri a- ce pas été inutilement ; car il ri y a rien qui rejfemble mieux à des fautes que

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