QUI CHERCHE SON VEAU
Conte tiré des cent Nouvelles nouvelles .
TT
w N Villageois ayant perdu fon veau, L’alla chercher dans la forêt prochaine»
Il fe plaça fur l’arbre le plus beau ,
Pour mieux entendre, & pour voir dans la plaine. Vient une Dame avec un Jouvenceau.
Le lieu leur plaît, l’eau leur vient à la bouche: Et le galant, qui fur l’herbe la couche.
Crie en voyant je ne fçais quels appas :
O Dieux, que vois-je , <$c que ne vois-je pas ! Sans dire quoi; car c’étoient lettres clofes. Lors le manant les arrêtant tout coi ;
Homme de bien , qui voyez tant dechofes, Voyez-vous point mon veau? dites-le moi.
:«S tü4S=
JL’ JW W J£ -A. xr D’ HANS CARVEL.
Conte tiré de Rabelais.
H Ans Carvel prit fur fes vieux ans Femme jeune en toute maniéré;
Il prit aufli foucis cuifans ;
Car l’un fans l’autre ne va guerec Babeau ( c’eft la jeune femelle ,
Fille du Bailli Concordat)
Fur du bon poil , ardente Ôx Belle,
. Et propre à l’amoureux combats Carvel craignant de fa nature Le cocuage &ç les railleurs ,
Alléguoit a la créature Et la Légende , &c l’Ecriture ,
Et tous les livres les meilleurs :
Blamoit les vifites fecrettes ,
Frondoit l’attirail des coquettes;
Et contre un monde de recettes ,
Et de moyens de plaire aux yeux , Inveclivoit tout de fon mieux.
A tous ces difcours la galante Ne s’arrétoit aucunement ;
Et de fermons n’étoit friande ,
A moins qu’ils fulfent d’un amant.
Eî: