‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 69 sur 93 · LE REMEDE · texte numérisé non relu

LE REMEDE

Chofe facile autant que naturelle :

L'émotion lui tourna la cervelle :

Elle fe cache elle-même , & tout bas Dit en deux mots quel efl fon embarras. L’amant futfage ; il prefenta pour elle Ce que Brunei à Marphife montra^

La Gouvernante , ayant mis les lunettes 5 Sur le galant fon adreffe éprouva :

Du bain interne elle le régala.

Puis dit adieu , puis après s’en alla.

Dieu la conduife , 8c toutes.ceiles-là Qui vont nuifant aux amitiés fecrettes.

Si tout ceci palfoit pour des fornettes ,

( Comme il fepeut , je n’en voudrois jurer ) Onchercheroit de quoi mecenfurer.

Les Critiqueurs font un peuple févére :

Ils me diront , votre Belle en fortit En fille fotte 8c n’ayant point d’efprit ;

Vous lui donnez un autre caractère ;

Cela nous rend fufpecle cette affaire ;

Nous avens lieu d’en douter , auquel cas Votre Prologue ici ne convient pas.

Je répondrai . . . Mais que fert de répondre? C’efi: un procès qui n’auroit point de fin :

Par cent raifons j’aurois beau les confondre ; Cicéron même y perdroit fon Latin,

Il me fufiit de n’avoir en l’ouvrage

Rien avancé qu’apres des gens de foi :

J’ai mes garans ; que veut-on davantage ? Chacun ne peut en dire autant que moi.

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