‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 76 sur 93 · QUIPROQUO · texte numérisé non relu

QUIPROQUO

Madame Alix qui ne vient nullement,

Trop bien la Dame en fon lieu s’en vint faire Tout doucement le lignai nécelTaire.

On ouvre , on entre, &: fans retardement , Sans lui donner le tems de reconnoître Ceci , cela, l’erreur , le changement,

La différence enfin qui pouvoit être Entre l’Epoux Sc fon Affocié ,

Avanç qu’il pût aucun change paroître,

Au Dieu d’Amour il fut facrifié.

L’heureux Ami n’eut pas toute la joie Qu’il auroit eue en connoilfant fa proie»

La Dame avoit un peu plus de beauté ;

Outre qu’il Faut compter la qualité.

A peine fut cette fcene achevée

Que l’autre Aéteur par fa prompte arrivée

Jette la Dame en quelque étonnement ;

Car comme Epoux , comme Clidamant même , Il ne montroit toujours fi fréquemment De cette ardeur l’emportement extrême.

On imputa cet excès de fureur A la foubrette ; Sc la Dame en fon cœuc Se propofa d’en dire fa penfée.

La fête étant de la forte palfée ,

Du noir féjour ils n’eurent qu’à fortir. L’afïocié des frais Sc du plaifir S’encourt en haut en certain veftibule:

Mais quand l’Epoux vit fa femme monter. Et qu’elle eut vu l’ami fe prefenter ,

On peut juger quel foupçon , quel fcrupule,

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