LES QUIPROQUO
Quelle furprife eurent les pauvres gens.
Ni l’un ni l’autre ils n’avoient eu le tems De fcompofer leur mine Sc letir vifagé.
L’Epoux vit bien qu’il falloit être fage ,
Mais fa moitié penfa tout découvrir.
J’en fuis furpris ; femmes fçavent mentir.
La moins habile en connoît la fcience;
Aucuns ont dit qu’Alix fit confeience De n’avoir pas mieux gagné fon argent , Plaignant l’Epoux, & le dédommageant.
Et voulant bien mettre tout fur fon compte : Tout cela n’efi: que pour rendre le Conte Un peu meilleur. J’ai vu les gens mouvoir ^ Deux queftions : l’une , c’eft à fçavoir
Si l’époux fut du nombre des confrères,*
A mon avis n’a point de fondement ,
Puifque la Dame & l’Ami nullement Ne prétendoient vaquer à ces myrteres.
L’autre point eft touchant le talion ;
Et l’on demande , en cette occafion ,
Si pour ufer d’une jufte vengeance.
Prétendre erreur <k caufe d’ignorance A cette Dame auroit été permis.
Bien qtle ce foit aflez-là mon avis,
La Dame fut toujours inconfoîable.
Dieu gard’ de mal celles qü’eri cas femblable Il ne faudroit nullement confoler.
J’en connois bien qui n’en feroient que rire; Dé celles-là je n’ofe plus parler ,
Et je ne vois rien des autres à dire.
E S cinq Contes fuivans ne font pas de M. de la Fontaine ; mais inférés dans les Editions précédentes \ on n a pas ofé les rejetter de celleci. La Couturière , le Gafcon , & la Cruche , font de M. Autereau , Poète & Peintre ; Promettre efl un & tenir efl un autre , ef de M. Vergier . Quelques-uns attribuent le Ro/îignol à M. Lamblin , Conjeiller au Parlement de Dijon ; dè autres , a M. du Trouffet de Valincourt , connu par fa Critique du Roman de la Princejfe de C lèves.
" Tome 11
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