LA COUTURIERE
Par M. A U T E R E A U.
E r t a i n e Sœur dans un Couvent, Avoir certain Amant en ville ,
Qu’elle ne voyoit pas fouvent ;
La chofe , comme on çait , eft affez difficile.
Tous deuxeulîent vou qu’elle l’eût été moins : Tous deux a s’entrevoir apportoient tous leurs foins :
Notre Sœur en trouva le fecret la première: Nonnettes en ceci manquent peu de talent.
Elle introduit le galant Sous le titre de couturière.
Sous le titre & l’habit auffi.
Le tour ayant bien réuffi ,
Sans caufer le moindre fcrupule ,
Nos Amans eurent foin de fermer la cellule , Etpallerent le jour allez tranquillement,
A coudre , mais Dieu fçait comment.
La nuit vint; c’étoit grand dommage.
Quand on a le cœur a l’ouvrage:
Il fallut le quitter: adieu , ma Sœur; bon foir. Couturière jufqu’au revoir;
Et ma fœur fut au réfeéloire ,
Un peu tard , & c’elï-îa le fâcheux de l’hiftoire. L’Abbefie l’apperçut , & lui dit en courroux ?