‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 78 sur 93 · LA COUTURIERE · texte numérisé non relu

LA COUTURIERE

Par M. A U T E R E A U.

E r t a i n e Sœur dans un Couvent, Avoir certain Amant en ville ,

Qu’elle ne voyoit pas fouvent ;

La chofe , comme on çait , eft affez difficile.

Tous deuxeulîent vou qu’elle l’eût été moins : Tous deux a s’entrevoir apportoient tous leurs foins :

Notre Sœur en trouva le fecret la première: Nonnettes en ceci manquent peu de talent.

Elle introduit le galant Sous le titre de couturière.

Sous le titre & l’habit auffi.

Le tour ayant bien réuffi ,

Sans caufer le moindre fcrupule ,

Nos Amans eurent foin de fermer la cellule , Etpallerent le jour allez tranquillement,

A coudre , mais Dieu fçait comment.

La nuit vint; c’étoit grand dommage.

Quand on a le cœur a l’ouvrage:

Il fallut le quitter: adieu , ma Sœur; bon foir. Couturière jufqu’au revoir;

Et ma fœur fut au réfeéloire ,

Un peu tard , & c’elï-îa le fâcheux de l’hiftoire. L’Abbefie l’apperçut , & lui dit en courroux ?

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