‹ Contes et nouvelles en vers (volume 2)Chapitre 82 sur 93 · L A CRUCHE · texte numérisé non relu

L A CRUCHE

Mais pour bon orateur qu’il fût ,

Elle n’en fut point foulagée ;

Et la Belle toujours s’arrachant les cheveux, Faifoit couler deux ruiffeaux de fes yeux; Enfin vouloir mourir , la chofe étoit conclue.

Eh bien , veux-tu que je te tue ?

Lui dit-il. Volontiers. Lui , fans autre façon , Vous la jette fur le gazon.

Obéit à ce qu’elle ordonne,

A la tuer des mieux* apprête fes efforts ,

Leve fa cotte , 8c puis lui donne D’un poignard à travers le corps.

On a grande raifon de dire Que pour les malheureux la mort a fes plaifîrs. Jeanne roule les yeux , fe pâme , enfin expire; Mais après les derniers foupirs ,

Elle remercia le fire.

Oh 1 le brave homme que voilà !

Grand-merci , Jean : je fuis la plus humble des vôtres.

Les tuez-vous comme cela ?

Vraiment j’en cafferai bien d’autres.

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