LES OLES DE FRERE PHILIPPE
Se
LES OTES
DÉS PFRERE PHILIPPE.
| Nouvelle tirée de Bocace. , Hi] E dois trop au beau fexe : il me fait trop d’honneuf De lire ces récits ; fi tant eft qu'il les life. Pourquoi non ? c’eft aflez qu'il condamne en fon cœut Celles qui font quelque fottife.
Ne peut-il pas, fans qu'il le dife, Rire fous cape de ces tours ; Quelque aventure qu'il y trouve ?
S'ils font faux , ce font vains difcours ; Tome IL, À
2 LE OÔTES
S'ils font vrais, il les défaprouve.
Îroït-il après tout s’alarmer fans raïfon Pour un peu de plaifanterie ?
Je craindrois bien plutôt que la cajolerie Ne mit le feu dans la maiïfon.
Chaffez les foûpirans ; Belles’, fouffrez mon livre; Je réponds de vous corps pour corps.
Mais pourquoi les chaffer ? ne fçauroit -on bien vivre Qu'on ne s’enferme avec les morts ?
Le monde ne vous connoiït gueres, S'il croit que les faveurs font chez vous famiheres : Non pas que les heureux amans Soient ni Phénix ni corbeaux blancs; Auffñi ne font-ce fourmillieres.
Ce que mon livre en dit, doit pafler pour chanfons, Jai fervi des beautés de toutes les façons :
Qu'ai-je gagné ? très-peu de chofe; Rien. Je m'aviferois fur le tard d’être caufe Que la moindre de vous comamit le moindre mal. Contons : mais contons bien; c’eft le point principal ; C'eft tout : à cela près, cenfeurs., ge vous confeille De dormir comme moi fur l’une & l’autre oreille. Cenfurez tant qu'il vous plaira Méchans vers & phrafes méchantes ; Mais pour bons tours, laïflez-les |à :