‹ Contes et nouvelles en vers (volume 3)Chapitre 34 sur 84 · OU LE PURGATOIRE · texte numérisé non relu

OU LE PURGATOIRE

Et fur ce point à chauffer difficiles ,

N’étant pas faits aux coutumes des villes.

Monfieur Pabbé trouvoit cela bien dur à

Comme prélat qu'il étoit.; partant homme,

Fuyant la peine, aimant le plaïifir pur,

Ainfi que fait tout bon fuppôt de Rome.

Ce n’eft mon goût : je ne veux de plein faut

Prendre la ville, aimant mieux l’efcalade,

En amour dà , non en guerre ; il ne faut

Prendre ceci pour guerrière bravade,

Ni m'enrôler lä-deflus malgré moi. -

Que lautre ufage ait la raïfon pour foi,

Je m'en rapporte, & reviens à l’hiftoire

Du Receveur qu'on mit en Purgatoire

Pour le guérir, & voici comme quoi.

Par le moyen d’une poudre endormante

L'abbé le plonge en un très-long fommeil. .

On le croit mort , on l’enterre , l’on chante:

Il eft furpris de voir à fon réveil,

Autour de lui, gens d’étrange maniere ;

Car il étoit au large dans fa biere,

Et fe pouvoit lever dans ce tombeau

Qui conduifoit en un profond caveau.

D'abord la peur fe faifñit de notre homme.

Qu'eft-ce cela ? fonge-t-il ? eft-il mort?

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