OU LE PURGATOIRE
Et fur ce point à chauffer difficiles ,
N’étant pas faits aux coutumes des villes.
Monfieur Pabbé trouvoit cela bien dur à
Comme prélat qu'il étoit.; partant homme,
Fuyant la peine, aimant le plaïifir pur,
Ainfi que fait tout bon fuppôt de Rome.
Ce n’eft mon goût : je ne veux de plein faut
Prendre la ville, aimant mieux l’efcalade,
En amour dà , non en guerre ; il ne faut
Prendre ceci pour guerrière bravade,
Ni m'enrôler lä-deflus malgré moi. -
Que lautre ufage ait la raïfon pour foi,
Je m'en rapporte, & reviens à l’hiftoire
Du Receveur qu'on mit en Purgatoire
Pour le guérir, & voici comme quoi.
Par le moyen d’une poudre endormante
L'abbé le plonge en un très-long fommeil. .
On le croit mort , on l’enterre , l’on chante:
Il eft furpris de voir à fon réveil,
Autour de lui, gens d’étrange maniere ;
Car il étoit au large dans fa biere,
Et fe pouvoit lever dans ce tombeau
Qui conduifoit en un profond caveau.
D'abord la peur fe faifñit de notre homme.
Qu'eft-ce cela ? fonge-t-il ? eft-il mort?