‹ Contes et nouvelles en vers (volume 3)Chapitre 55 sur 84 · LA CHOSE · texte numérisé non relu

LA CHOSE

Sur ce penfer-là notre amant

S’en va trouver fa belle, en a contentement ,

Goûte des voluptés qui n’ont point de pareilles ,

Se trouve très-heureux ; hormis qu'inceffamment Le Diable étoit à fes oreilles.

Alors l'amant lui commandoit .

Tout ce qui lui venoit en tête ;

De bâtir des Palais, d’exciter la tempête ;

En moins d’un tour de main cela s’accomplifloit. Mainte piftole fe glifloit Dans l’efcarcelle de notre homme.

Il envoyoit le Diable à Rome,

Le Diable revenoit tout chargé de pardons.

Aucuns voyages n'étoient longs, Aucune chofe mal-aifée.

L'amant, à force de rêver

Sur les ordres nouveaux qu'il lui fallut trouver *

Vit bientôt fa cervelle ufée, Il s’en plaignit à fa divinité ;

Lui dit de bout en bout toute la vérité,

Quoi ! ce n’eft que cela ? lui repartit la Dame : Je vous aurai bientôt tiré Une telle épine de l'ame.

Quand le Diable viendra , vous lui préfenterez Ce que je tiens, & lui direz :

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