‹ Contes et nouvelles en vers (volume 3)Chapitre 56 sur 84 · IMPOSSIBLE · texte numérisé non relu

IMPOSSIBLE

Défrife -moi ceci ; fais tant par tes journées Qu'il devienne tout plat. Lors elle lui donna Je ne fçais quoi qu’elle tira Du verger de Cypris, labyrinte des Fées, Ce qu'un Duc autrefois jugea fi précieux , Qu'il voulut l’honorer d’une Chevalerie ; Illuftre & noble confrairie , Moins pleine d'hommes que de Dieux.

L'amant dit au Démon : c’eft ligne circulaire Et courbe que ceci ; je ‘ordonne d’en faire Ligne droite & fans nuls retours.

Va-t-en y travailler, & cours.

L'Efprit s’en va , n’a point de cefle, Qu'il n'ait mis le fil fous la preffe, Tâché de l’applatir à grands coups de marteau, Fait féjourner au fond de l'eau, Sans que la ligne fût d’un feul point étendue. De quelque tour qu'il fe fervit, Quelque fecret qu'il eût, quelque charme qu'il fit, C'étoit temps & peine perdue :

Il ne put mettre à la raifon La toifon.

Elle fe révoltoit contre le vent , la pluie, La neige , les brouillards : plus Satan y touchoit, Moins l’annelure fe lächoit.

222 La COS Er.

Qu'eft ceci, difoit-il ? je ne vis de ma vie Chofe de telle étoffe : il n’eft point de Lutin

Qui n’y perdit tout fon latin.

Meflire Diable, un beau matin , S'en va trouver fon homme, & lui dit : je te laiffe : Apprens-moi feulement ce que c’eft que cela :

Je te le rens ; tiens , le voilà :

Je fuis vidus , je le confefle.

Notre ami Monfeur le Luiton, Dit l'homme, vous perdez un peu trop-tôt courage ; Celui-ci n’eft pas feul, & plus d’un compagnon

Vous auroit taillé de l'ouvrage.

ps sratntieen]

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