‹ Contes et nouvelles en vers (volume 3)Chapitre 70 sur 84 · LES AVEUX · texte numérisé non relu

LES AVEUX

Qu'il n’eût logé que votre feule image, Digne, il eft vrai, de fon premier hommages J'ai cependant éprouvé d’autres feux ;

J'en dis ma coulpe, & j'en fmis tout honteux. Il m'en fouvient ; la Nymphe étoit gentille , Au fond d’un boïs l'Amour féul avec ñous :

Il fit fi bien, fi mal me direz-vous,

Que de ce fait il me refte une fille.

Voilà mon fort, dit Aminte à Damon :

J'étois un jour feulette à la maifon;

11 me vint voir certain fils de famille, Bien-fait & beau, d’agréable façon :

J'en eus pitié ; mon naturel éft bon :

Et pour conter tout de fil en aiguille,

Il m'eft refté de ce fait un garçon.

Elle eut à peine achevé la parole,

Que du mari l'ame jaloufe & folle

Au défefpoir abandonne aufli-tôt.

H fort plein dire, if defcend tout d'un faut. Rencontre un bât, fe le met, & puis crie; Je fuis bâté. Chacun au bruit accourt,

Les pere & mere, & toute la mégnie, Jufqu’aux voifins. El dit, pour faire court.

Le beau fujet d’üne telle folie.

Il ne faut pas que le leGteur oublie

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