‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 18 sur 73 · E 3 MAZET · texte numérisé non relu

E 3 MAZET

DE LAMPORECHIO.

Nouvelle tirée de Bocace.

Le voile n’eft le rampart le plus für Contre l'Amour, ni le moins acceffible :

Un bon mari, mieux que grille ni mur,

YŸ pourvoira, fi pourvoir eft poffible.

C’eft à mon fens une erreur trop vifible

À des Parens, pour ne dire autrement,

DE LA MPORECHIC.

De préfumer, après qu’une perfonne

Bon gré malgré s’eft mife en un Couvent, Que Dieu prendra ce qu’ainfi l’on lui donne.

Abus, abus; je tiens que le malin

N'a revenu plus clair & plus certain.

(Sauf toutefois l’affiftance Divine.) Encore un coup ne faut qu’on s’imagine, Que d’être pure & nette de peché,

Soit privilege à la guimpe attaché.

Nenni da, non; je prétens qu’au contraire Filles du monde ont toûjours plus de peur Que l’on ne donne atteinte à leur honneur.

La raifon eft, qu’elles en ont affaire.

Moins d’ennemis attaquent leur pudeur.

Les autres n’ont pour un feul adverfaire.

Tentation, fille d’oifiveté,

Ne manque pas d’agir de fon côté:

Puis le defir, enfant de la contrainte.

Ma fille eft Nonne, Ego c’eit une Sainte:

Mal raifonné. Des quatre parts les trois, En ont regret & fe mordent les doigts ; Font fouvent pis; au moins lai-je oui dire; Car pour ce point je parle fans fçavoir.

Bocace en fait certain Conte pour rire, (Que j'ai rimé comme vous allez voir.

Un bon Vieillard en un Couvent de filles, Autrefois fut, laboutoit le jardin.

Elles étoient toutes aflez gentilles, Ft volontiers jafoient dès le matin.

Tant

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