‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 19 sur 73 · M ZEN TT · texte numérisé non relu

M ZEN TT

Tant ne fongeoient au fervice divin,

Qu’à foi montrer ès Parloirs aguimpées, Bien blanchement, comme droites poupées, Prête chacune à tenir coup aux gens ;

Et n’étoit bruit qu’il fe trouvât leans,

Fille qui n’eût dequoi rendre le change,

Se renvoyant l’une à l’autre l’éteuf.

Huit Sœurs étoient, & l’Abbefle font neuf; Si mal d'accord que c’étoit chofe étrange.

De la beauté la plûpart en avoient ;

De la jeuneffe elles en avoient toutes.

Et cettui lieu beaux Peres frequentoient,

Comme on peut croire; & tant bien fupputoient

Qu'ils ne manquoient à tomber fur leurs routes.

Le bon Vieillard Jardinier deffus dit, Près de ces Sœurs perdoit prefque l’efprit ; À leur caprice il ne pouvoit fuffire.

Toutes vouloient au Vieillard commander;

Dont ne pouvant entre elles s’accorder,

T1 fouffroit plus que l’on ne fçauroit dire.

Force lui fut de quitter la maifon.

Il en fortit de la même façon

Qu’étoit entré 1à dedans le pauvre homme,

Sans croix ne pile, & n'ayant rien en fomme

Qu'un vieil habit, Certain jeune garçon

De Lamporech, fi jai bonne mémoire,

Dit au Vieillard un beau jour après boire,

Et raifonnant fur le fait des Nonains:

Qu'il pafferoit bien volontiers fa vie

Près de ces Sœurs, & qu’il avoit enviç

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De leur offrir fon travail & fes mains:

Sans demander recompenfe ni gages.

Le Compagnon ne vifoit à Pargent:

Trop bien croyoit, ces Sœurs étant peu fages, Qu’il en pourroit croquer une en pañant, Et puis une autre, & puis toute la troupe.

Nuto lui dit (c’eft Ie nom du Vieillard) Croi moi, Mazct, mcts-toi quelque autre part, Jaimerois mieux être fans pain ni foupe, Que d'employer en ce lieu mon travail.

Les Nones font un étrange bétail.

Qui n’a tâté de cette marchandife, Ne fçait encore ce que c’eft que tourment, Je te le dis, laïfle-là ce Couvent; Car d’efperer les fervir à leur guife, C’cft un abus ; l’une voudra du moù, L'autre du dur; parquoi je te tiens foù, D'autant plus foû que ces filles font fottes; Tu n’auras pas œuvre faite.entre nous; L'une voudra que tu plantes des choux, L'autre voudra que ce foit des carottes.

Mazet reprit, ce n’eft pas là le point.

Vois-tu, Nuto, je ne fuis qu’une bète; Mais dans ce lieu tu ne me verras point Un mois entier, fans qu’on m’y fafle fête.

La raifon eft, que je n’ai que vingt ans; Et comme toi je n’ai pas fait mon temps.

Je leur fuis propre, & ne demande en fomme Que d’être admis. Dit alors le bon homme, Au Fac-totum tu n’as qu’à t’adreffer ;

Ef Allons

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