DE FRERE PHIL EDR
Nouvelle tirée de Bocace.
E dois trop au beau fexe; il me fait trop d'honneur | De lire ces recits ; fi tant eft qu’il les life,
À ÿ$ Pour-
Z LES OTES
Pourquoi non; c’eft aflez qu’il condamne en fon cœur F7 . Celles qui font quelque fottife.
Ne peut-il pas fans qu’il le dife, Rire fous-cape de ces tours, Quelque avanture qu’il y trouve ?
S’ils font faux, ce font vains difcours S’ils font vrais, il les defaprouve.
. Troit-il après tout s’alarmer fans raifon
ts
Pour un peu de plaifanterie?
Je craïndrois bien plûtôt que Ja cajolerie Ne mît le feu dans la maifon.
Chañlez les foûpirans , Belles, fouffrez mon Livre;
*, Je reponds de vous corps pour corps.
Mais pourquoi les chaffer ? ne fçauroit-on bien vivre Qu'on ne s’enferme avec les morts ?
Le monde ne vous connoît gueres,
S’il croit que les faveurs font chez vous familieres; Non pas que les heureux amans Soient ni Phenix ni corbeaux blancs ;
Auffi ne font-ce fourmillieres.
Ce que mon Livre en dit ; doit pañler pour chanfons. J'ai fervi des beautez de toutes les façons :
Quai je gagné? très-peu de chofe;
Rien. Je m’aviferois fur le tard d’être caufe
Que le moindre de vous commiît le moindre mal.
Contons; mais contons bien; c’eft le point principal;
C’eft tout : à cela près, Cenfeurs, je vous confeille
De dormir comme moi fur l’une & l’autre oreille.
Cen-