‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 2 sur 73 · DE FRERE PHIL EDR · texte numérisé non relu

DE FRERE PHIL EDR

Nouvelle tirée de Bocace.

E dois trop au beau fexe; il me fait trop d'honneur | De lire ces recits ; fi tant eft qu’il les life,

À ÿ$ Pour-

Z LES OTES

Pourquoi non; c’eft aflez qu’il condamne en fon cœur F7 . Celles qui font quelque fottife.

Ne peut-il pas fans qu’il le dife, Rire fous-cape de ces tours, Quelque avanture qu’il y trouve ?

S’ils font faux, ce font vains difcours S’ils font vrais, il les defaprouve.

. Troit-il après tout s’alarmer fans raifon

ts

Pour un peu de plaifanterie?

Je craïndrois bien plûtôt que Ja cajolerie Ne mît le feu dans la maifon.

Chañlez les foûpirans , Belles, fouffrez mon Livre;

*, Je reponds de vous corps pour corps.

Mais pourquoi les chaffer ? ne fçauroit-on bien vivre Qu'on ne s’enferme avec les morts ?

Le monde ne vous connoît gueres,

S’il croit que les faveurs font chez vous familieres; Non pas que les heureux amans Soient ni Phenix ni corbeaux blancs ;

Auffi ne font-ce fourmillieres.

Ce que mon Livre en dit ; doit pañler pour chanfons. J'ai fervi des beautez de toutes les façons :

Quai je gagné? très-peu de chofe;

Rien. Je m’aviferois fur le tard d’être caufe

Que le moindre de vous commiît le moindre mal.

Contons; mais contons bien; c’eft le point principal;

C’eft tout : à cela près, Cenfeurs, je vous confeille

De dormir comme moi fur l’une & l’autre oreille.

Cen-

Page 1