COMMENT L'ESPRIT
- De regardans pour y juger des coups, Il n’en faut point, jamais on n’y querelle, * Or devinez comment ce jeu s’appelle.
… Qu'importe t-il? fans s’arrêter au nom, Ni badiner là-deffus davantage,
Je vais encor vous en dire un ufage,
Il fait venir lefprit & la raifon.
Nous le voyons en mainte beftiole.
Avant que Life allât en cette école, Lite n’étoit qu’un miferable oifon.
Coudre & filer étoit fon exercice;
Non pas le fien, mais celui de fes doigts ; Car que l’efprit eût part à cet office,
Ne le croyez; il n’étoit nuls Énolbis Où Life pût avoir l’ame occupée:
Life fongeoit autant que fa poupée.
Cent fois le jour fa mere lui difoit, Va-t-en chercher de l’efprit, malheureufe.
La pauvre fille auffi-tôt s’en alloit
Chez les voifins, afigée & honteufe, Leur demandant où fe vendoit l’efprit.
On en rioit; à la fin on lui dit,
Allez trouver Pere Bonaventure,
Car il en a bonne provifion.
Incontinent la jeune créature
S’en va le voir, non fans confufion:
Elle craignoïit que ce ne fût dommage De détourner ainfi tel perfonnage.
Me voudroit-il faire de tels prefens