‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 26 sur 73 · COMMENT L'ESPRIT · texte numérisé non relu

COMMENT L'ESPRIT

- De regardans pour y juger des coups, Il n’en faut point, jamais on n’y querelle, * Or devinez comment ce jeu s’appelle.

… Qu'importe t-il? fans s’arrêter au nom, Ni badiner là-deffus davantage,

Je vais encor vous en dire un ufage,

Il fait venir lefprit & la raifon.

Nous le voyons en mainte beftiole.

Avant que Life allât en cette école, Lite n’étoit qu’un miferable oifon.

Coudre & filer étoit fon exercice;

Non pas le fien, mais celui de fes doigts ; Car que l’efprit eût part à cet office,

Ne le croyez; il n’étoit nuls Énolbis Où Life pût avoir l’ame occupée:

Life fongeoit autant que fa poupée.

Cent fois le jour fa mere lui difoit, Va-t-en chercher de l’efprit, malheureufe.

La pauvre fille auffi-tôt s’en alloit

Chez les voifins, afigée & honteufe, Leur demandant où fe vendoit l’efprit.

On en rioit; à la fin on lui dit,

Allez trouver Pere Bonaventure,

Car il en a bonne provifion.

Incontinent la jeune créature

S’en va le voir, non fans confufion:

Elle craignoïit que ce ne fût dommage De détourner ainfi tel perfonnage.

Me voudroit-il faire de tels prefens

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