‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 44 sur 73 · LE TT AS LE A UV · texte numérisé non relu

LE TT AS LE A UV

Dites au Dieu des vers que dans mon entreprife

Il eft bon qu’il me favorife,

Et de mes mots fafle le choix,

Ou je dirai quelque fottife, Qui me fera donner du bufque fur les doigts.

C’eft affez raifonner ; venons à la peinture.

Elle contient une avanture

Arrivée au païs d’Amours.

Jadis la ville de Cythere

Avoit en l’un de fes faux-bourgs Un Monaftére.

Venus en fit un Séminaire,

Ïl étoit de Nonaïns, & je puis dire ainfi,

Qu'il étoit de galans aufii.

En ce lieu hantoiïent d’ordinaire Gens de Cour, Gens de Ville, & Sacrificateurs,

Et Docteurs,

Et Bacheliers fur tout. Un de ce dernier ordre Pafloit dans \a maifon pour être des Amis, Propre, toûjours razé, bien-difant, & beau fils: Sur fon chapeau luifant, fur fon rabat bien mis

La médifance n’eût {çû mordre.

Ce qu’il avoit de plus charmant, C’eft que deux des Nonains alternativement

En tiroient maint & maint fervice.

L'une n’avoit quitté les attours de Novice Que depuis quelque mois; l’autre encor les portoit:

La moins jeune à peine contoit

Un an entier par deflus feize ;

Age propre à foûtenir thefe,

Thefe

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