‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 51 sur 73 · LE FAISEUR · texte numérisé non relu

LE FAISEUR

Simple, jeunette, & d’aflez bonne guife, Nommée Alix, du païs Champenois...

Compere André l’alloit voir quelquefois :

À quel defléin, befoin n’eft de le dire,

Et Dieu le fait: c’étoit un maître fire:

. Il ne tendoit guére en vain fes filets ;

Ce m’étoit pas autrement fa coûtume:

Sage eût été l’oifeau qui de fes rets Se fût fauvé fans laiffer quelque plume.

-: Alix étoit fort neuve fur ce point.

: Le trop d’efprit ne l’incommodoit point:

De ce défaut on n’accufoit la Belle.

Elle ignoroit les malices d'Amour.

La panyre Dame alloit tout devant elle,

- Et n’y fçavoit ni finefle ni tour.

. Son mari donc fe trouvant en emplette,

Elle au logis, en fa chambre feulette, André furvient; qui fans long compliment La confidére; & lui dit froidement:

Je m’ébahis comme au bout du Royaume, S'en eft AllE le Compére Guillaume,

Sans achever l’enfant que vous portez;

Car je vois bien qu’il lui manque une oreille:

Vôtre couleur me le démontre aflez,

En ayant vû mainte épreuve pareille.

Bonté de Dieu! reprit-elle aufli-tôt,

Que dités-vous? quoi d’un enfant monaût

J'accoucherois? n’y fçavez-vous reméde?

Si dea, fit-il, je vous puis donner aide

En

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