‹ Contes et nouvelles en vers (volume 4)Chapitre 67 sur 73 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Les trois Contes fuivants aprochent fi fort du file di M. de La Fontaine qu'on pourrois prefque affur qu'ils font de lui. oe qu'il en foit, on a cru fair plaifir au Public de les ajonter 104.

La Couturiere.

Le Gafcon.

La Cruche.

pl

Hi 3:

9e MA ét, 2e. ce

Ce Sœur dans un Couvent, Avoit certain Amant en Ville, Qu'elle ne voyoit pas fouvent, La chofe, comme on fçait, eft aflez difficile. T'ois deux euffent voulu qu’elle l’eût été moins, T'o1s deux à s’entrevoir apportoient tousleursfoins,

Nôre Sœur en trouva le fecret la premiere, R 3 Non-

Nonnettes en ceci manquent peu de talent.

Elle introduifit le Galant

Sous le titre de Couturiere,

Sous le titre & l’habit auffi,

Le tour aiant bien reüffi,

Sans caufer le moindre fcrupule, Nos Amans eurent foin de fermer la celluie, Et pañferent le jour affez tranquillement A coudre, mais Dieu fçait comment.

La nuit vint, c’étoit grand dommage,

Quand on a 1e cœur à l'ouvrage.

Ii fallut le quitter, Adieu, ma Sœur, bon foir,

Couturiere jufqu’au revoir,

Et ma Sœur fut au Refetoire Un peu tard, & c’eft là le facheux de l’hiftoire. L’Abbefle l’apperçut, & lui dit en courroux, © Pourquoi donc venir la derniere?

Madame, dit la Sœur, j’avois la Couturiere.

Vos guimpes ont donc bien des trous,

Pour la tenir une journée entiere, Quelle befogne avez-vous tant chez vous,

Où jufqu’au foir elle foit necefäire ? ?

Elle en avoit encor, dit-elle, pour veiller, Au metier qu’elle a fait, on a beau travailler,

On y trouve toujours à faire.

LE

LE foupçonne fort une hiftoire, Quand le Heros en eft l’Auteur.

L'amour propre & la vaine gloire Rendent fouvent l’homme vanteur.

On fait toûjours fi bien fon conte, Qu’on tire de l’honneur de tout ce qu’on raconte.

À ce propos un Gafcon l’autre Jour, R 4 À

Page 1