‹ Contes et nouvelles en versChapitre 55 sur 63 · LA CONFIDENTE SANS LE SAVOIR · texte numérisé non relu

LA CONFIDENTE SANS LE SAVOIR

Un profond fomme occupoit tous les yeux; Même ceux-là qui brillent dans les cieux Étoient voilés par une épaifïe nue.

Comme on avoit toute choie prévue, Il entre vite, & fans autre difcours

Ils vont ils vont au cabinet d'amours.

Là, le galant dès l'abord fe récrie, Comme la dame étoit jeune & jolie, Sur fa beauté; la bonté vint après; Et celle-ci fuivit l'autre de près.

Mais, dites-moi de grâce, je vous prie, Qui vous a fait avifer de ce tour?

Car jamais tel ne fe fit en amour:

Sur les plus fins je prétends qu'il excelle, Et vous devez vous-même l'avouer.

Elle rougit, & n'en fut que plus belle. Sur fon efprit, fur tes traits, fur fon zèle, Il la loua. Ne fit-il que louer?

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