‹ Contes et nouvellesChapitre 16 sur 80 · LETTRE XII · texte numérisé non relu

LETTRE XII

CHARLOTTE A ROSETTE

Déta plus de quinze jours se sont écoulés depuis le départ de mon frère , et il n'a pas encore écrit. Son silence commence à inquiéter mon père ; ma mère et moi nous en éprouvons de vives craintes. Hier, M. le pasteur a écrit, sur l'invitation de mon père, à son cousin à Erlangen, pour s'informer si Adolphe n'y est pas encore arrivé. Tu seras instruite sur-le-champ du contenu de là réponse. -Envoie-moi, à tout hasard, la semaine prochaine, la mère de Lisette. Je te fais passer ce billet par. notre Jeannette, qui vient de rencontrer ton père à cheval près du village , se rendant à la ville; il faut donc que j'abrège pour être sûre qu'il te' sera remis avant son retour. Quelque courage que mon frère ait montré jusqu'au jour de son départ, les adieux furent très pénibles ; on eût dit qu'il allait se séparer de nous pour toujours. Ta lettre a brisé son cœur; il dit qu'elle lui a fait connaître toute l'horreur de son sort. « Mandelui , ce furent ses dernières paroles , que je

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la prie de regarder le soleil chaque fois qu'elle entendra sonner midi; cet astre pur et ardent est le symbole de notre amour ; c'est ainsi que nous nous réunirons tous les jours dans un asile dont la main d'aucun homme ne pourra nous défendre l'entrée. »

Adieu, ma chère; je suis à jamais ta Char-* lotte.

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