‹ Contes et nouvellesChapitre 3 sur 80 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La traduction que j'offre au public est * le tribut de reconnaissance d'un fils à la mémoire de son père j ce souvenir méritera peut-être Findulgence du lecteur.

Les ouvrages aJHçmands d'Amédée-Conrad Pfeffel, très répandus en Allemagne , le sont encore peu en France, sa patrie, M. Méhée de La Touche, qui le premier a vengé de l'oubli cet écrivain si cher aux muses germaniques *, n'a publié qu'une petite partie de ses Contes et Nouvelles; j'espère que le lecteur français me saura gré de les lui présenter en totalité. La fidélité scrupuleuse de ma traduction ne

* Poetischeversuche ,von Gottlieb Conrad Pf effet. iovol. in 8. Tubingue, chez Cotta, quatrième édition.

Vlij AVANT-PROPOS.

sera pas non plus inutile à ceux qui étudient la langue allemande. Une traduction est un interprète vivant, qui épargne beaucoup de peines et de recherches aux commençants , et les initie bien plus vite dans la connaissance de l'original. La morale pure et le vif intérêt que respirent ces écrits, les feront , sans doute, accueillir plus particulièrement de la jeunesse, des dames, et de tous ceux qui aiment les lectures instructives et amusantes.

Conrad Pfeffel , en quittant l'Université, perdit la vue à la suite d'une opération douloureuse.

Sa vie littéraire est, j'ose le dire, une des plus honorables que l'on puisse citer. Il avait des mœurs douces et une grande affabilité ; il supporta ses douleurs avec résignation. 11 avait encore de la gaîté dans la conversation, et disait lui-même que cette gaîté lui avait été donnée dès

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le berceau par la Providence , en compensation de ses infirmités. Il s'exprimait sur les objets qui frappent nos yeux , comme s'il, eût vu clair; il y prenait la même part r et savait les peindre avec autant de. vérité que d'exactitude. Son imagination poétique se montait au souvenir des formes et des couleurs qu'il avait vues dans sa jeunesse. Il avait coutume de se faire décrire tous les objets dont on faisait mention en sa présence; il les animait de couleurs nouvelles, et en traçait des tableaux fort intéressants.

L'organe de la voix était pour lui ce que la physionomie est pour nous. Il est des figures prévenantes; il en est qui repoussent : une voix mélodieuse enchantait mon père, et le son d'une voix aigre ne le faisait entrer qu'avec peine en conversation avec elle.

Long-temps secrétaire-interprète à la préfecture du Haut-Rhin, les détails les

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