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ceci à votre enfant, qui vous demandera ce que c'est que ce grand bâtiment percé de trois cent soixante cinq fenêtres :
A Paris, dites-lui, le pain ne se ramasse pas dans la Seine comme l'eau; on n'y moud ni le blé ni l'orge; à peine y pétrit-on la farine. Autour de Paris sont les moulins, et ceux qui fournissent la poudre, et ceux qui préparent la farine. On mourrait de faim dans la capitale, sans ces bâtiments placés à distance au bord de la rivière, dans les vallons, au fond des bois. L'ennemi la prendrait sans défense, si elle n'avait que la poudre à canon que l'on fabrique à l'arsenal.
Ce bâtiment, dites à votre enfant, en l'élevant dans vos bras : C'est le grenier de réserve. Trois cent soixantecinq salles enserrent, là le grain, là la farine, là le son; deux tours de roue, et voilà de quoi nourrir un quartier de Paris, qui n'y songe pas, qui croit qu'avec de l'argent on est toujours sur d'avoir du pain. On n'en est pas toujours sur, témoins les Parisiens sous l'Empire. C'est beau la guerre, mais on la fait souvent à ses dépens. Le pain vient à manquer ; le prix augmente, s'accroît, devient excessif. On ne plaisante pas avec le Parisien qui a faim. Paris n'a plus de pain sur la planche, et c'est au moins quinze jours à attendre avant que le grain n'arrive de je ne sais où. « A cheval, messieurs ! crie Napoléon ; achevai! Suivez-moi ! » D'un trait on est à Corbeil. L'aigle regarde partout, prend le grain dans la main, monte dans les salles, voit fonctionner, apprécie li valeur des sacs, suppose la quantité moulue, celle à moudre, compose en un instant des équations de temps et de quantités, toise le bâtiment de son regard, se