DU PONT D ARCO'LE
patronage puissant. Le pauvre a besoin du riche, non pour la monnaie que celui-ci lui jette, mais pour en être dirigé. Il faut des chênes au lierre ; à défaut ils se réuniront sous l'aile de qui voudra les protéger. Si le seigneur leur manque, ils s'adresseront au vassal.
Je vous ai dit la suzeraineté de M. Aguado ; en voici une autre. Jetez votre regard sur la rive gauche de la Seine. Celui qui l'exerce n'est ni un général retiré, aristocratie de 1" Empire, ni un agent de change, aristocratie de la Restauration, ni un épicier, aristocratie de 1850 ; mais tout simplement et glorieusement un acteur du Théâtre-Français. Fatigué d'être tyran à la suite de M. Larive. et traître à la cour de M. Monvcl, il a dépouillé le manteau de pourpre et dénoué les sandales romaines pour aligner des haies et étêter des tilleuls au bord de la Seine. Parlez-lui du Tibre maintenant, il vous répondra légumes. Son coniident. c'est son cure : le comédien est devenu fort bon catholique.
Le grand-prêtre d'Athalie ne rougit pas daller à l'offrande; Mathan communie: il fait mieux, il occupe des bras à de nombreux travaux dans ses propriétés. Le seigneur de la rive gauche de la Seine, c'est un banquier ; le seigneur de la rive droite, c'est un ex-pére-noble. Il ne tiendrait qu'à eux de s'appeler seigneurs.
Je n'ai pas le projet décrire tout au long l'histoire des rives de la Seine, tache qui ne manquerait pas d'intérêt sous certaine plume. Enfin je vois d'ici mon vieux pont de Corbeil, moins fier de ses arches de pierre que de l'arche de bois qui remplace celle dont il se priva ; our empêcher les ennemis de passer.
Avant de passer sous le pont de Corbeil, répondez