SCÈNE II
tou-'àn-kou ( suivi de soldais ).
J'ai passé tout le jour dans mon hôtel de général en chef; maintenant je m'en retourne dans ma maison particulière. Officiers ! rangez vos soldats, marchez à leur tète, et faites-les suivre d'un pas lent et mesuré.
TCIIING-Prï.
Holà ! voilà ce vieux brigand qui arrive !
tou-'an-kou.
Que viens-tu faire ici, Tou-lching?
TCHING-PEÏ
Holà ! vieux scélérat, je ne suis pas Tou-lching; je suis l'Orphelin de la famille de Tchao. Il y a vingt ans que lu massacras sans pitié ma maison entière, qui se composait de trois cents personnes; je vais te prendre aujourd'hui, pour venger les injures de ma famille.
tou-'an-kou.
Qui est-ce qui l'a appris tout cela?
TCH1NG-PEÏ
C'est Tching-ing.
tou-'an-kou, à fart.
Ce jeune homme ne paraît pas être Tenu ici avec de bonnes intentions. Sauvons- nous pour nous tirer d'affaire.
TCHING-PEÏ
( // chante sur l'air: Siao-ho-chang. )
« Moi [ter), j'ai déployé de tous côtés des forces
« imposantes ; toi {ter), comment pourrais -tu
« fuir ou taire face à l'orage? Tout-à-coup {ter)
« je lai frappé de terreur, et son ame défaillante
« est prête à s'échapper. Retiens {ter) l'insolence
« de ta langue. Oui, oui, oui, il n'v a plus à dé-
« libérer. Courons, volons, précipitons-le de sa
« selle brodée.»
( Tching-pe'i saisit Tou-an-Jtou , qui est garoité par les soldats. A Tou-an-hou.')
Holà! Tou-'an-kou, infâme brigand, qui immolais les hommes les plus vertueux! maintenant que te voilà pris par Tching-peï, qu'as-tu à répondre?
tou-'an-kou.
Si j'avais élé vainqueur, je devenais roi; vaincu, je suis votre prisonnier. Puisque je suis réduit à
celte extrémité, je ne demande qu'une chose, c'est de mourir promptement.
tching-peÏ , parlant au pî'emier ministre. Seigneur, prêtez votre appui à Tching-peï.