‹ Contes et nouvelles litérairesChapitre 30 sur 62 · UN MESSAGE · texte numérisé non relu

UN MESSAGE

Voici les ordres du roi:

{Il lit.)

« Parce que ïou-'an-kou a immolé les hommes « vertueux, et qu'il « cent fois violé les lois de « l'Etat; parce qu'en un matin il a massacré in- « dignement toutes les personnes de la maison do « Tchao; il ne fallait pas que les hommes péne- « très du sentiment de la justice pussent accuser le <, Ciel d'aveuglement ou de faiblesse. L'Orphelin « a vengé aujourd'hui des injures accumulées de- <, puis long-temps. Il a pris l'infâme ministre, et „ il a séparé sa tête de son corps. Je lui pcrmels

« de reprendre son nom de famille , de s'appeler

« Tchao-wou1, d'hériter de la dignité de ses pères,

« et de siéger parmi les ministres d'État. Han-

« kioué recevra des honneurs posthumes et sera

« éîeyé an grade de général en chef; Tching-ing

« aura une ferme de dix arpens; on élèvera un

« tombeau au vénérable Kong-su-n, et sur une

« taule de pierre, on gravera son éloge avec celui

« de Ti-mi-ming et des autres serviteurs qui se

« sont signalés par leur dévouement héroïque. Dès

« aujourd'hui, tout le royaume de Tsin va prendre

« une face nouvelle. Que tout le monde tourne

« ses regards vers le monarque qui manifeste au~

« jourd'hui sa bienfaisance sans bornes.»

{ Tching-ing et Tching-pe'i se prosternent pour remercier le roi de ses bienfaits.

TCIIING-PEÏ.

[Il chante sur l'air Jïoang- iing-we'i.)

«Je vous remercie, ô prkice , de vos bienfaits « qui vont descendre à grands flots sur tout le « royaume de Tsin. Vous avez exterminé cet in- « famé brigand, et vous avez anéanti toute sa fa- « mille; vous avez accordé à un orphelin la faveur « de changer son nom, et de ressaisir ses espé-

1 Ce nom signifie, littéralement, celui qui marche sur les traces de Tcliao.

c< rances, d'hériter de la dignité de ses pères, et

« d'être salué ministre d'Etat. Les hommes qui

« se sont sacrifiés pour l'honneur et pour la jus-

« tice reçoivent de justes encouragemens; les ofïi-

« ciers militaires rentrent dans leurs fonctions;

« les malheureux sont recueillis et entretenus par

« yotre munificence; tous accordez des monu-

« mens funèbres à ceux qui ne sont plus, et à

« ceux qui leur survivent, de hautes dignités et

« de nobles récompenses. Qui est-ce qui oserait

« affaiblir ou censurer vos bienfaits, qui s'éten-

« dent aussi loin que ceux du Ciel ?

Page 1