UN MESSAGE
Voici les ordres du roi:
{Il lit.)
« Parce que ïou-'an-kou a immolé les hommes « vertueux, et qu'il « cent fois violé les lois de « l'Etat; parce qu'en un matin il a massacré in- « dignement toutes les personnes de la maison do « Tchao; il ne fallait pas que les hommes péne- « très du sentiment de la justice pussent accuser le <, Ciel d'aveuglement ou de faiblesse. L'Orphelin « a vengé aujourd'hui des injures accumulées de- <, puis long-temps. Il a pris l'infâme ministre, et „ il a séparé sa tête de son corps. Je lui pcrmels
« de reprendre son nom de famille , de s'appeler
« Tchao-wou1, d'hériter de la dignité de ses pères,
« et de siéger parmi les ministres d'État. Han-
« kioué recevra des honneurs posthumes et sera
« éîeyé an grade de général en chef; Tching-ing
« aura une ferme de dix arpens; on élèvera un
« tombeau au vénérable Kong-su-n, et sur une
« taule de pierre, on gravera son éloge avec celui
« de Ti-mi-ming et des autres serviteurs qui se
« sont signalés par leur dévouement héroïque. Dès
« aujourd'hui, tout le royaume de Tsin va prendre
« une face nouvelle. Que tout le monde tourne
« ses regards vers le monarque qui manifeste au~
« jourd'hui sa bienfaisance sans bornes.»
{ Tching-ing et Tching-pe'i se prosternent pour remercier le roi de ses bienfaits.
TCIIING-PEÏ.
[Il chante sur l'air Jïoang- iing-we'i.)
«Je vous remercie, ô prkice , de vos bienfaits « qui vont descendre à grands flots sur tout le « royaume de Tsin. Vous avez exterminé cet in- « famé brigand, et vous avez anéanti toute sa fa- « mille; vous avez accordé à un orphelin la faveur « de changer son nom, et de ressaisir ses espé-
1 Ce nom signifie, littéralement, celui qui marche sur les traces de Tcliao.
c< rances, d'hériter de la dignité de ses pères, et
« d'être salué ministre d'Etat. Les hommes qui
« se sont sacrifiés pour l'honneur et pour la jus-
« tice reçoivent de justes encouragemens; les ofïi-
« ciers militaires rentrent dans leurs fonctions;
« les malheureux sont recueillis et entretenus par
« yotre munificence; tous accordez des monu-
« mens funèbres à ceux qui ne sont plus, et à
« ceux qui leur survivent, de hautes dignités et
« de nobles récompenses. Qui est-ce qui oserait
« affaiblir ou censurer vos bienfaits, qui s'éten-
« dent aussi loin que ceux du Ciel ?