‹ Contes et poésiesChapitre 15 sur 30 · LA LYRE D'ORPHÉE · texte numérisé non relu

LA LYRE D'ORPHÉE

Quand Orphée autrefois, frappé par les Bacchantes, Près de THèbre tomba, sur les vagues sanglantes On vit longtemps encor sa lyre surnager.

Le fleuve au loin chantait sous le fardeau léger. Le gai zéphyr s*émut ; ses ailes amoureuses Baisaient les cordes d'or, et les vagues heureuses

Comme pour rarrêter, d'un effort doux et vain S'empressaient à Tentour de l'instrument divin. Les récifs, les Ilots, le sable à son passage S'est revêtu de fleurs, et cet âpre rivage Voit soudain, pour toujours délivré des autans. Au toucher de la lyre accourir le Printemps.

Ah! qu^ nous sommes loin de ces temps de merveilles! Les ondes, les rochers, les vents n'ont plus d'oreilles. Les cœurs même, les cœurs refusent de s'ouvrir, Et la lyre en passant ne fait plus rien fleurir.

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