‹ Contes et poésiesChapitre 19 sur 30 · LA LAMPE D'HÉRO · texte numérisé non relu

LA LAMPE D'HÉRO

De son bonheur furtif lorsque malgré l'orage L'amant d'Héro courait s'enivrer loin du jour, Et dans la nuit tentait de gagner à la nage Le bord où l'attendait l'Amour,

Une lampe envoyait, vigilante et fidèle.

En ce péril vers lui son rayon vacillant;

On eût dit dans les cieux quelque étoile immortelle Qui dévoilait son front tremblant.

La mer a beau mugir et heurter ses rivages, Les vents au sein des airs déchaîner leur effort, Les oiseaux effrayés pousser des cris sauvages En voyant approcher la Mort ,

Tant que du haut sommet de la tour solitaire Brille le signe aimé sur l'abîme en fureur, Il ne sentira point, le nageur téméraire.

Défaillir son bras ni son cœur.

Comme à l'heure sinistre où la mer en sa rage Menaçait d'engloutir cet enfant d'Abydos, Autour de nous dans l'ombre un étemel orage Fait gronder et bondir les flots.

Remplissant l'air au loin de ses clameurs funèbres, Chaque vague en passant nous entr'ouvre un tombeau ; Dans les mêmes dangers et les mêmes ténèbres Nous avons le même flambeau.

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